• Famille école ...Réprocité

    Bon, bon... Comme toujours le balancier nous pousse vers des extrêmes.

    Accueil, bienveillance, bientraitance,... OK, mais pour tout le monde!

    École ceci, école cela...

    Mais ne faut-il pas, en même temps, remettre du symbolisme et de la réciprocité dans les relations entre l'école, la famille et les élèves.

    Il est des pays où la rentrée est un temps symbolique d'accueil mutuel: rentrée des classes soulignée par une cérémonie d'accueil, bouquet offert par les élèves à leurs maîtresses pour les remercier par avance de tout le temps et des efforts qu'elles vont leur consacrer.

    Une autre conception, ou la même avec réciprocité  ?

     

     


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  • Je ne sais pas si vous avez déjà été membre du jury ou de commission de recrutement (?)

    Perso, ça m'est arrivé, et je n'y suis jamais allé le coeur léger !

    D'abord toujours se demander quelle légitimité à être là ! Quel pouvoir a-t-on sur les autres, sur l'autre. Qu'est-ce qui nous sépare de la personne qui se prête à ce jeu de pouvoir ?

    Mais sachez-le, il y a des pièges redoutables à éviter: l'éclat de rire dès la porte fermée, par exemple, comme si le candidat avait miraculeusement disparu !

    Mais que nenni, le candidat est là, derrière la porte, à se demander ce que signifient ces rires indélicats ! (ça m'est arrivé ;-)

    Le parano pensera que l'on se moque de lui, et une blessure narcissique s'ajoutera à sa longue liste d'humiliations; 

    Le détaché se dira que grâce à lui, ces tristes personnages auront passé un bon moment, et c'est toujours ça de pris ;

    Le distancé se dira qu'après une longue série d'entretiens, à écouter des discours vendeurs et convenus, les gens ont bien le droit de se détendre un peu et que ces rires ne sont que relâchement, que parenthèse joyeuse d'un ennui poisseux et collant à la peau comme chemisette par temps de canicule ;

    L'obsessionnel se demandera encore et encore ce qu'il a bien pu dire de si ridicule pour provoquer ces rires sans doute mérités ;

    Le narcissique pensera définitivement que cette institution ne le mérite pas ;

    Survivre, s'autoprotéger de ce qui blesse ! Chacun ses stratégies !

    Et si on parlait simplement de ... respect ! N'oublions pas que l'on recrute des pairs avec qui l'on devra travailler !

    Il y a des maladresses qui brisent tout en une seconde ! La bienveillance affichée ou voulue! Déséquilibre des rôles, légèreté du nanti opposée au stress de celui qui se présente pour être reçu !

    Alors, toi qui recrutes... fais attention à la porte fermée!

     

     Toi qui recrutes


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    La pensée automatiqueNot'cerveau serait programmé pour faire le moins d'effort possible , histoire d'économiser son carburant!  C'est pas moi qui le dit, c'est un neuro-trouv'tout!

    Si, si... le vôtre aussi! Ne protestez pas , j'vous entends d'ici!

    Enfin, c'est c'que nous expliquait notre IEN hier soir en conf péda ! Et c'est ce que l'on peut lire dans Cerveau & Psycho (de mémoire ... "morale innée ou acquise" ???) revue que je ne saurais trop vous conseiller (suis abonné, mais revue dense pour un instit englué dans son quotidien) .

    Ainsi not' pensée automatique empêcherait d'analyser les problèmes en s'écartant des pensées acquises...

    Bref, pour faire court, difficile d'échapper à ses préjugés, idées confortablement  installées , ... 

    Alors chers et rares tweet'amis, faites fonctionner votre lobe frontal, faites l'effort de remettre en cause votre ... pensée automatique!

    C'est un état d'esprit et un entraînement !

    Sans cet effort, Galilée n'aurait pas découvert que la Terre tourne autour du soleil !

    Et si l'EMC (Éducation Civique et Morale) servait à ça aussi, histoire de former des citoyens éclairés et critiques, y compris envers eux-mêmes!

     

     


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  • Bon, j'sais pas si les polémiques incessantes à propos de l'enseignement de la lecture vous lassent autant que moi !

    En fait j'en ai un peu assez d'entendre les ritournelles re-convoquées régulièrement par des éditorialistes approximatifs.

    Ainsi, à les entendre, il suffirait de changer de méthode de lecture  pour garantir la réussite des élèves, remettre en marche le regretté ascenseur social que perso, fils d'ouvrier dans les années 60, n'ai ma foi pas connu malgré des performances d'élève plutôt correctes... 

    Bon élève, fils d'ouvrier, instit tu seras ! Ben oui, c'était déjà bien, non ?

    Bref, messieurs les éditorialistes tout-puissants et donneurs de leçons , pourfendeurs  (à juste titre) des méthodes globales, apprenez, c'est un comble, à penser global !

    Si ce n'est à penser global, je ne vous ferai pas l'injure de penser que vous n'en êtes pas capables, à "écrire global" sur la question ... Question de précision journalistique !

    Nous utilisons ici une méthode axée sur le code avec des maîtres expérimentés, et malgré tout, le nombre d'élèves en difficulté est préoccupant !

    Parce que, ne vous en déplaise, la méthode n'est qu'un paramètre dans une problématique systémique !

    "J'avais la tête trop pleine de mes problèmes pour apprendre"

    me disait récemment un papa.

    Difficultés langagières, déficit culturel, pauvreté des expériences et construction de l'abstraction difficile, inappétence ,  concentration et agitation, enfants insécures, ...  obstacles augmentés par des situations économiques et socio-affectives qui n'arrangent rien !

     Alors, s'il vous plaît, halte aux discours simplistes, même vendeurs , parce qu'en se focalisant sur une polémique dépassée, on évite de se poser les vraies questions !


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  • Tout est bien compliqué

     

    Il arrive un moment dans une carrière où il faut s'méfier des ressentis. 

    Sont-ils un effet de l'ancienneté, de l'âge (qui va avec) ou traduisent-ils une réalité objective ?

    Mais chers et rares tweet'amis, je trouve que not' école devient bien compliquée!

    À vouloir tout maîtriser, on se perd dans des multitudes de projets et d'objectifs , pensés par des didacticiens académiques loin de la réalité des enseignants polyvalents que sont les P.E.

    5h à préparer par jour, dans toutes les disciplines, avec des multiples niveaux que la suppression des maintiens va généraliser.

    Ainsi nous devrions enseigner chacune des nombreuses disciplines comme les enseignants mono-formés du secondaire devraient le faire !

    Textes ambitieux, objectifs de formation dignes de spécialistes... dans toutes les disciplines!

    Alors ça devient si compliqué, si inaccessible qu'on hésite parfois à faire: musique, arts visuels, EPS, Géographie, ...

    J'me souviens d'une école plus simple, où l'on n'hésitait pas à faire de la peinture, où le manuel de grammaire choisi pour la totalité du parcours élémentaire libérait du temps de conception et  laissait du temps aux enseignants et aux équipes pour penser des projets en prise direct avec les intérêts enfantins: élevages pour travailler sur la reproduction, sortie environnement, fabrication de maquettes du quartier pour se représenter l'espace en faisant de la géométrie, écriture et montage d'une pièce de théâtre, danse avec une compagnie en répétition à la scène nationale de Belfort, ...

    Dans une volonté illusoire de maîtrise , ne risque-t-on pas de perdre les rires et émerveillements  enfantins ? 

    Bien sûr, il faut tenir compte des erreurs du passé et penser la nécessité absolue de structuration des apprentissages, chercher à rendre explicite ce qui est enseigné, ... quelque soit le modèle de référence! 

    La complexité grandissante peine à produire les résultats attendus ! 

    Avoir un haut niveau d'exigence dans quelques domaines, accepter d'être moins ambitieux dans d'autres pour tenir compte de la réalité de la polyvalence. Laisser aux équipes le soin de choisir ces priorités, sans délaisser le reste!

    Le rôle des Conseillers pédagogiques spécialisés (EPS, musique, arts, TICE, ...) ne devrait-il pas consister à rendre ces enseignements ... simples, accessibles au plus grand nombre ! La spécialisation de certains d'entre-nous ne pousse-t-elle pas à la surenchère  ?

    Je sais, je sais....

    J'vous entends d'ici m'opposer les arguments habituels: apprendre n'est pas une partie de plaisir! Il faut accepter l'effort ! Mais qui vous dit le contraire ?

    Plaisir et effort,  découverte et entraînement, recherche et structuration, construction et réception ne sont pas des mots antinomiques !

     

     

     

     

     


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    J'me disais comme ça, ce matin, allez savoir pourquoi un premier dimanche de vacances, que la somme des compétences individuelles ne fait pas la compétence de l'ensemble....

    J'pensais, of course, à la notion d'équipe pédagogique.

    L'équipe apporte quelque chose que l'individu ne peut apporter seul.  Enfin, y m'semble !

    Et puis j'entame "Penser global" d'Edgar , et j'me dis qu'il existe entre l'équipe et chacun des individus qui la composent, un lien de même nature que celui qui existe entre la société et l'individu , entre la molécule d'eau et les atomes d'oxygène et d'hydrogène qui la constituent! 

    " Le tout n'est pas l'addition des parties, mais au niveau du tout se constituent des qualités et des propriétés nouvelles qu'on appelle émergences. Par exemple, la molécule d'eau a des qualités propres que n'ont pas les atomes d'hydrogène et d'oxygène qui la constituent."

    Il y a parfois des résonances inattendues.

    Reste à savoir si le tout est dans chaque partie en c'qui concerne l'équipe !

    Je démarre la lecture de...

    J'me disais ...


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  •  

    Comme dirait Gégé, ma collègue sortie de let'sup, je pisse de la ligne... Un projet à écrire, foi d'animal, ça m'pose pas de problème !

    J'peux vous en écrire , des pt"its, des grands, des coûteux, des qui coûtent rien, des modèles du gente avec évaluation  diagnostique, hypothèses sur les besoins, choix d'actions, mise en place d'échéancier , régulation et contrôle, des faits à la va vite, des opérationnels ou des finalités tellement vagues qu'elles ont peut de chance de voir le jour.... C'est le cas de bien des projets  quand ils ne sont que déclarations d'intentions !

    Un projet doit être authentique si l'on veut qu'il porte ses fruits!

    Mais un projet authentique, qu'est-ce que c'est ?

    Hé  ben, sa nécessité ne tombe pas du haut, elle s'impose d'elle-même au vu de l'analyse des difficultés locales, au regard des directives nationales of course.

    Un projet authentique repose sur une analyse sincère et transparente, dégage des pistes de travail individuelles et collectives qui devront apporter le sentiment d'une plus value pour tout le monde: les élèves, les  enseignants, ...

    Le trop plein  de projets  tue le projet,  et les exercices d'écriture risquent de se multiplier renvoyant leur mise en oeuvre aux calendes grecques  ou faisant courir le risque d'une atomisation des énergies.

    Projet REP, conseil école collège, projet d'école, projet climat scolaire dans lequel on nous a lancés récemment, ... Tout ceci doit s'articuler, se hiérarchiser pour que les uns découlent des autres , dans une filiation économique... sans multiplication inutile des exercices stériles d'écritures.

    Il y a un moment où il faut cesser d'écrire des projets... pour les réaliser !

    En tous les cas, je me détournerai de tout projet formel, sans renvoi à un travail réel des équipes !

    Je n'ai plus de temps pour ça!


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  • Bon, vous l'savez chers tweet'amis lecteurs, je m'occupe depuis quelques années des élèves en difficulté d'apprentissage de la lecture. 

    D'abord, sachez-le, les difficultés d'apprentissage existeront toujours: empan culturel énorme, carences éducatives, déficits cognitifs, empêchements d'apprendre pour des causes interpersonnelles, ... Les causes sont multiples!

    C'est pas nouveau, mais l'école d'autrefois s'en accommodait! Aujourd'hui, on veut la Réussite pour tous ! C'est bien normal, mais ça change la donne !

    À force d'observer, de faire de hypothèses, de me battre contre l'inappétence et le décrochage,  je me dis que :

    - en descendant trop vite au phonème, on perd des élèves qui s'demandent bien de quoi elle' cause la maîtresse ! Ils ont beau écouter le mot chat, ils n'entendent que MIAOU !

    - y'a rien à faire, pour apprendre à lire, écrire ça aide ! Et la multitude de fichiers limite la quantité d'écriture ! 

    Point sur la lectureJe suis r'tourné voir mes propres cahiers de CP: point de fichier, vous vous en doutez (Ben oui, question d'âge, même la machine à alcool n'existait pas!) ! Syllabes manquantes à écrire sous un tampon patiemment déposé la veille par la maîtresse, dictée de syllabes , de mots puis de phrases et pis... c'est tout !

    Pas de ces fichiers qui proposent une surcharge informationnelle nécessitant une flexibilité mentale que bien des élèves de cet âge n'ont pas ! C'est beau, mais on s'y perd !

    Lire et écrire, encore et encore ! Faire et refaire, à l'identique ... en introduisant progressivement des changements !

    L'entraînement, dans tout apprentissage, foi d'sportif , est indispensable ! Question de quantité ! Bon ça suffit pas, encore faut-il s'entraîner sur les bons contenus.

    Alors j'vais vous dire!

    Pour mes élèves en difficulté, la descente au phonème est une descente aux enfers ! Y z'ont beau faire , ils n'entendent pas ce bruit qui de toute façon ne s'entend pas la plupart du temps ! 

    Et si on passait par la syllabe, cette entité sonore que les élèves français apprennent à compter avec succès, sans comprendre toujours réellement à quoi ça sert de savoir compter les syllabes!

    Écrire, observer, comparer, écouter, ... 

    > le "cha" de chapeau, chameau, château ! 

    > le "ra" de radis, radeau, rat, ...

    Mémoriser des syllabes que l'on saura reconnaître, écrire pour progressivement comprendre que R et A font RA!

    Et pour ça, il faut s'entraîner, répéter, mémoriser, ...

    Et le sens , me direz-vous ! Et le plaisir !

    Le plaisir se situe d'abord dans la réussite, dans le sentiment de comprendre ce qui se joue à l'école !

    Bon vous fâchez pas les z'amis... Suis sûr de rien ! 

    J'observe, j'essaie... et je vois si ça marche ou pas !

     

     

     

     

     

     


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  • Bon, en ce début d'année j'avais pris une bonne résolution: ne plus écrire, disparaître du WEB, du paysage pédagogique... 

    Mais force est de constater que j' ai besoin de ces temps d'écriture pour échapper à... l'ennui!  Même si je suis comme tous les directeurs totalement surchargé en cette rentrée 2015!

    Faut vous dire, chers z'amis, que je retire de la Toile ces jours-ci, une idée innovante reprise par quelques-uns de mes plus éminents correspondants.

    Et si l'innovation se nichait dans une réforme qui interdirait toute nouvelle réforme pendant 10 ans ?

    L'alternance politique (comme dirait un historien de l'enseignement bien connu) tue l'école.

    Le renouvellement incessant décourage  - attendons la suivante - et engage dans la précipitation.

    Il n'y a qu'à observer l'arrivée des nouvelles évaluations diagnostiques au CE2, utiles  et plutôt bien conçues ...

    Elles ont mis longtemps pour arriver dans nos classes , et il faut les mettre en place immédiatement, dans un temps surchargé. N'est-ce pas la meilleure façon de passer à côté d'un outil néfaste pour l'évolution du climat de notre planète, mais néanmoins intéressant ? Parce qu'il n'y a pas que la forme, il y a le fond ... et ça, il faut le sortir de l'implicite. 

    Bon, il faut m'y résoudre, j'aurai pas le temps !

    "Et moi, c'qui m'tue, c'est d'pas avoir le temps !"

    Reste à savoir quelle réforme on garderait 10 ans, et là, on s'ra pas tous d'accord !!

     

     


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  • On m'dit souvent que "instit90" , le site péda, est labyrinthique, qu'il se mérite, qu'il faut savoir ce qu'on y cherche, qu'il ne correspond pas aux critères du supermarché du WEB !

    Ben oui, c'est pas du tout cuit, quoi! Et c'est voulu !

    Mon projet, c'est bien de tenter d'illustrer une démarche d'investigation de la difficulté!

    Observer, écouter, faire des hypothèses sur les besoins au regard de ce que je connais des problématiques, inventer des pistes de remédiations, ...

    J'essaie d'éviter tant que faire se peut, la consommation de fiches... Alors oui, il faut faire un effort !

    Ce que je cherche à illustrer c'est une posture ! Quand on ouvre la porte, c'est qu'on se pose une question ! On peut aussi venir m'accompagner dans... ce questionnement: vous êtes les bienvenus!

    Bon, on y trouve aussi du clé en main (cycle3 en math, EPS, ...) , mais ce n'est plus ce qui m'intéresse.


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  • Dans mon école, on collabore , on coopère, on mutualise… enfin on essaie, avec des degrés divers de réussite, parce que c’est difficile !

    Mais quelle richesse !

    On utilise souvent ces mots indifféremment, et pourtant c’est pas la même chose ! J’vous parle d’une direction collaborative, pas d’une direction coopérative même si nous coopérons régulièrement!

    La mutualisation, c’est le partage de ressources au service d’un objectif partagé. Quand l’école réfléchit à l’évaluation positive, Emmanuelle apporte le bulletin réalisé dans son école précédente, Noémie et Charlotte leur expérience des ceintures de compétences, Charlotte ses notes de lecture sur la question, …

    La coopération suppose une répartition coordonnée des tâches au service de la réalisation d’un objectif commun: chacun assume une part de la responsabilité collective, et il y a une répartition claire du travail entre les membres de l’équipe. Le tout se reconstitue en fin de parcours par assemblage des parties.

    Bref nous coopérons parfois, et le gain réside dans la division du travail et donc dans le gain de temps. La condition de la réussite, c’est l’implication de chacun de ses membres: chacun doit contribuer, assumer sa part … Quand l’un n’assume pas sa part du travail à réaliser, une sous tâche de la tâche finale… alors le résultat attendu est compromis, le groupe est menacé !

    Exemples de coopération dans notre école:

    > projet philo et répartition entre chacun des membres du groupe des sujets et des séances à préparer.

    > Notre système de pilotage des projets (défi math, lectures offertes, fête, …) est un modèle coopératif: l’un d’entre nous prend en charge une opération, la définit, partage la tâche en sous-tâches qu’il répartit entre chaque volontaire.

    Il y a l’idée d’une hiérarchie dans la coopération, … une délégation de la responsabilité à un coordonnateur, même si les interactions entre les membres du groupe sont nécessaires à la cohérence de l’ensemble.

    La collaboration, c’est une autre chanson !

    Il s’agit de construire, d’extraire ensemble une conception partagée d’un problème; de définir des objectifs communs et de réfléchir aux moyens d’y parvenir… Discussions, négociations, conflits parfois sont à la clé. La collaboration est exigeante, demande du temps et la présence de chacun à toutes les phases de construction, …

    Exemple de collaboration dans notre école: définition d’un cadre de travail partagé;

    Exemple de collaboration sur le Web: Wikipédia

    Ce qui sépare en fait ces deux concepts se situe essentiellement dans l’esprit des participants, dans ce qui lie l’individu au groupe: dans le cas de la collaboration, il y a égalité entre chacun des membres, volonté de participer , d’échanger, de contribuer à la réflexion, …

    Mais sachez-le, travailler ensemble demande du temps et de l’engagement ..Pas de temps commun (en « distanciel » ou en « présentiel ») , pas de travail collaboratif !

    Question de temps et… d’esprit! Travailler ensemble exige la capacité à abandonner une partie de soi !

    Pour qu’un travail coopératif et collaboratif fonctionne, il faut que chaque individu ait le sentiment d’en tirer un bénéfice, et que l’ensemble gagne en efficacité!

    Gagner en efficacité, là est toute la question !

    Illustration: média fiche d’ac. créteil….


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  • Ben non, vous n'trouverez pas de pub sur le site pédagogique instit90  ... Pour mes autres sites (instit90 blablate pédagogie, Directeur90, La Rucklin) , c'est une autre affaire, car j'utilise des plateformes gratuites qui imposent leur pub... 

    Le parti pris il y a longtemps, c'est la gratuité

    Mon premier site a vu le jour alors que j'étais maître formateur, et il me semblait normal de partager gratuitement des documents issus d'un temps rémunéré par l'état ! Sans les opportunités des formations offertes dans mon cadre de travail, sans les rencontres déclenchantes d'un environnement professionnel d'une richesse peu commune, jamais je n'aurais pu produire mes modestes contributions ! Sur ces mêmes bases, j'ai refusé la publication de certains de mes documents pour en conserver le libre accès !

    La deuxième raison, c'est que, sans être littéraire pour un sou, j'adore les librairies et les libraires... Alors, il est hors de question d'encourager le cannibalisme commercial!

    La troisième raison, mais ça c'est plus sujet à discussion, c'est qu'une idée,  dans notre domaine, n'appartient à personne!

     

     

     


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  • Retrouver ses élèves de classe unique 28 ans après ! Projet un peu fou !

    "Oh oui, faisons-le!" 

    Chose faite après quelques contacts...

    28 ans passés, retrouvailles ... entre impatience et inquiétude! Qui allons-nous retrouver ?

    Enfants devenus adultes, adultes-enfants, enfants toujours ...

    Tutoiement immédiat, émotion, sourires, regards, distance et bien vite, souvenirs enjoués, bêtises avouées, ..

    Confidences chuchotées, comme si la maîtresse était à nouveau là pour recevoir, tels les chagrins enfantins d’autrefois, les blessures intimes infligées par la vie, … 

    Que reste-t-il de ces temps lointains ? Les personnes qu’ils étaient déjà, au-delà des réussites et des fautes d’orthographe , des passions et des inappétences scolaires qui cachent de belles qualités ! 

    Apprenons à écouter ces enfants cachés derrière nos élèves  ! Quoiqu’en pensent les contempteurs d’une humanité refusée, nous sommes pour nos élèves, bien plus que des transmetteurs de savoirs !

    Nous sommes des passeurs, et il faut parfois tendre la main, donner un regard, trouver les mots … pour aider à franchir ce qui ne se voit pas toujours mais qui empêche d’apprendre, d’être parfois !

    Je vous préviens, vieillir fait regretter tous les moments d’humanité manqués !

    Il y a des mots ou des regards dont on se souvient toute sa vie , des mots qui blessent plus que des coups, des mots qui offrent le plus beau des cadeaux…  le réassurage si ce n’est la résilience, parfois ! 

    "Ne regrettez pas le temps passé à l'école, ils vous le rendront 1000 fois !"


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  •  

    Le directeur éponge journellement les difficultés des uns et des autres, petits et grands...

    Trouver de l'argent pour qu'une famille sans logement puisse se nourrir, chercher des chaussures à un enfant qui arrive d'un camp de réfugiés, gérer un enfant en détresse d'avoir été agressé sur le chemin de l'école, recevoir la fatigue d'un collègue,  absorber la colère d'un enfant à trouble du comportement, réfléchir aux meilleures stratégies possibles pour conduire des élèves en difficulté vers la lecture et le calcul, chercher les meilleurs moyens d'associer les parents à la scolarité de leurs enfants...

    Et malgré toutes ces occasions de baisser les bras, le directeur doit maintenir une couleur positive, rester optimiste ... pour ne pas se laisser aller dans le gris , cette couleur vers laquelle on glisse si facilement! 

    Il y a des directions sur lesquelles il ne faut pas rester trop longtemps, au risque de perdre un engagement qui , malgré tout, doit rester actif, créatif  et positif !

    Être directeur en REP... c'est usant, et il faut savoir partir .


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  • Réunionnite... Comment l'éviter?Réunionnite, la maladie du siècle ?

    J'sais pas si z'êtes comme moi chers collègues, mais j'passe un nombre non négligeable d'heures en réunions diverses et variées!

    Et encore, je fais le tri ! Avec parfois quelques rappels à l'ordre !

    Hein ? Quoi ? Moi aussi j'organise des réunions ? Est-ce que je n'inflige pas à mes collègues la "réunionnite" ?

    Question cruciale, chers directeurs en herbe, si l'on veut développer le travail d'équipe! Quand on veut convaincre de son utilité, la première condition, c'est d'éviter le sentiment de perte de temps !

    Première condition, on ne se réunit pas pour se réunir ! J'exagère ? Que nenni ! Qui n'a pas déjà eu cette impression?

    Alors, pour l'éviter, il faudra veiller à l'authenticité du projet qui doit engager chacun des acteurs ! Cette condition nous renvoie au projet global, à sa clarté et à sa lisibilité  !

    Clarté et lisibilité, Fijalkowien oblige ! 

    La deuxième condition est une question de technicité!

    D'abord identifier clairement celui qui anime !

    Pas de réunion sans ordre du jour transmis à l'avance, sans "techniques d'animation" (comme dans une classe) , sans timing et surtout sans idée claire de ce qu'on en attend !

    Perso, je commence toujours par une phrase rituelle ...

    "Quand nous nous nous quitterons tout à l'heure, nous aurons répondu à telle ou telle question, pris une décision sur, organisé...."

    Bref, annoncer le menu comme au restaurant ! Mais aussi, conclure par une rapide synthèse des avancées du groupe ,  pour rappeler les décisions prises, les échéances, la suite à donner, ... avant de transmettre à chacun un compte rendu écrit !

    Comme avec des élèves vous dis-je ! Pas de fin de séance sans ouverture sur la suivante !

    Mais si la réunionnite était d'abord l'affaire de tous ? 

    Il est bien commode de renvoyer l'inutilité d'une réunion à un seul (le directeur dans le cas qui nous préoccupe!), auto-protection de celui qui veut  se dédouaner d'une part de ses responsabilités collectives!

    Que faites-vous , oui VOUS ...  pour que vos travaux collectifs soient productifs ?

    Alors, pour que chacun prenne bien conscience de ce qui se joue dans ces moments-là, nous testons dans notre école, la technique du pilotage !

    Chacun prend en charge un sujet ou un projet, qu'il pilote et anime... 

    Et ça change bien des choses!

    Quand on se retrouve dans la position d'animateur, on comprend les contraintes et difficultés de celui qui officie : on ne corrige plus ses cahiers, on évite les apartés bruyants, on apprend à être là pour le sujet et pour la personne qui conduit la réunion!

    Le respect s'installe ! Si, si ... le respect !

    Il y a en outre une valeur ajoutée à ce système: la valorisation des personnes qui trouvent une place reconnue dans le groupe !

    Et chers amis, il en va des adultes comme des enfants: nous avons tous besoin de faire l'expérience de la réussite, y compris dans le collectif !

    Le directeur est là pour favoriser l'émergence de cette expérience !

    Ma plus belle récompense cette année? 

    Quand j'ai surpris une collègue, à l'issue d'une réunion de 4 heures un samedi matin, confiant à l'une de ses voisines:

    "Ah c'était bien, j'ai appris plein de choses aujourd'hui!"

    Ce n'est pas moi qui animais ce matin là, mais des collègues qui ont capté, captivé, apporté le fruit de leur travail, ... éprouvé le plaisir de la reconnaissance de leurs pairs !

    Plus beau jour de mon année professionnelle !

     

    PS / Merci à mon tweet'ami pour son illustration ;-) Mieux vaut un bon dessin qu'un long discours...


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  • Dys...

    Dyslexie;

    Dysorthographie;

    Dysphasie; 

    Dyspraxie;

    Dyscalculie;

    Troubles.... Dysexécutifs;

    Nous sommes envahis par les dys ... 

    Comment, comment, mais autrefois on n'avait pas tous ces problèmes! 

    Et si on ne savait tout simplement pas les détecter ! La science progresse, les diagnostics aussi et l'école ne peut pas l'ignorer !

    Mais du coup, tout devient beaucoup moins simple, et enseigner devient un métier de spécialiste !

    Help... Formation !


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  • Dans mon école, on collabore , on coopère, on mutualise... enfin on essaie, avec des degrés divers de réussite, parce que c'est difficile !

    Mais quelle richesse !

    On utilise souvent ces mots indifféremment, et pourtant c'est pas la même chose ! J'vous parle d'une direction collaborative, pas d'une direction coopérative même si nous coopérons régulièrement!

    La mutualisation, c'est le partage de ressources au service d'un objectif partagé. Quand l'école réfléchit à l'évaluation positive, Emmanuelle apporte le bulletin réalisé dans son école précédente, Noémie et Charlotte son expérience des ceintures de compétences, Charlotte ses notes de lecture sur la question, ...

    La coopération suppose  une répartition coordonnée des tâches au service de la réalisation d'un objectif commun: chacun assume une part de la responsabilité collective, et il y a une répartition claire du travail entre les membres de l'équipe. Le tout se reconstitue en fin de parcours par assemblage des parties.

    Bref nous coopérons parfois, et le gain réside dans la division du travail et donc  dans le gain de temps. La condition de la réussite, c'est l'implication de chacun de ses membres: chacun doit contribuer, assumer sa part ... Quand l'un n'assume pas sa part du travail à réaliser, une sous tâche de la tâche finale... alors le résultat attendu est compromis, le groupe est menacé !

    Exemples de coopération dans notre école:

    > projet philo et répartition entre chacun des membres du groupe des sujets et des séances à préparer.

    > Notre système de pilotage des projets (défi math, lectures offertes, fête, ...) est un modèle coopératif: l'un d'entre nous prend en charge une opération, la définit, partage la tâche en sous-tâches qu'il répartit entre chaque volontaire. 

    Il y a l'idée d'une hiérarchie dans la coopération,  ... une délégation de la responsabilité à un coordonnateur, même si les interactions entre les membres du groupe sont nécessaires à la cohérence de l'ensemble.

    La collaboration, c'est une autre chanson !

    Il s'agit de construire, d'extraire  ensemble une conception partagée d'un problème; de définir des objectifs communs et de réfléchir aux moyens d'y parvenir... Discussions, négociations, conflits parfois sont à la clé. La collaboration est exigeante, demande du temps et la présence de chacun à toutes les phases de construction, ... 

    Exemple de collaboration dans notre école: définition d'un cadre de travail partagé; 

    Exemple de collaboration sur le Web: Wikipédia

    Ce qui sépare en fait ces deux concepts se situe essentiellement dans l'esprit des participants, dans ce qui lie l'individu au groupe: dans le cas de la collaboration, il y a égalité entre chacun des membres, volonté de participer , d'échanger, de contribuer à la réflexion, ...

    Mais sachez-le, travailler ensemble demande du temps et de l'engagement ... Pas de temps commun (en "distanciel" ou en "présentiel") , pas de travail collaboratif !

    Question de temps et... d'esprit! Travailler ensemble exige la capacité à abandonner une partie de soi !

    Pour qu'un travail coopératif et collaboratif fonctionne, il faut que chaque individu ait le sentiment d'en tirer un bénéfice, et que l'ensemble gagne en efficacité!


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  • La tête haute

    Si j'avais à engager une formation sur les raisons qui empêchent certains de nos élèves d'apprendre, je passerais quelques minutes de ce film... magnifique (un jeune acteur plein de talents)!

    Comprendre les enfants qui se cachent derrière nos élèves ne rend pas notre métier plus facile, mais donne du sens à notre engagement.

    Tout enseignant en REP devrait aller voir ce film... sur son temps de travail.

    Mieux qu'un long discours vertical!

     

     


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  •  

    La maman chat est très prévenante avec ses petits. Elle les protège, les nourrit et les câline!

    Maman chat aime ses petits. Qui est plus protectrice que maman chat !

    Maman chat joue avec ses chatons,  histoire de les préparer à la séparation et à l'autonomie. Elle les aide à grandir !

    Et pourtant maman chat n'hésite pas à donner un coup de patte ou de dents quand ses petits chérubins vont trop loin dans leurs jeux.

    Une façon pour elle de leur dire: "Stop, vous dépassez les limites!"

    Morale de cette histoire:

    Aimer, c'est éduquer et savoir parfois dire "STOP"


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  • Qu'est-ce qu'un BON directeur  (d'école) ?Les oiseaux s'agitaient derrière mes volets… signe que le jour se levait !

    J'adore ces saluts enthousiastes au soleil chassant la nuit, comme j'adore entendre se déchaîner les éléments , les bourrasques, la pluie, la grêle, l'orage, la tempête de neige, la mer en colère … !

    Mais le ravissement que provoque souvent chez moi la contemplation de la nature est vite chassée en période de travail par des pensées incongrues: qu'est-ce qu'un bon directeur , ou une bonne directrice ?

    Si, si … Cette question m'a envahi au réveil !

    Faut vous dire cher lecteur, que la pensée vagabonde au p'tit matin, de ci de là … et qu'on ne la dompte pas si facilement !

    Par culpabilité matinale - ben oui, on a bien d'autres choses à faire le matin - je m'demande souvent  sous quels influx électriques malveillants, des neurones bien peu complaisantes s'obstinent à se connecter pour créer de telles pensées quand tout ce qui s'agite dehors est si riant !

    Et j'ai trouvé !

    Un collègue rencontré hier vantait (regrettait?)  son ancien directeur qui était une "bon" directeur ! (Cherchez pas, c'est pas quelqu'un du 90! Hé oui, ici tout le monde se connaît !)

    Alors forcément, moi qui ai fait du doute une marque de fabrique qui s'cache souvent derrière des affirmations cherchant la confrontation aux certitudes des autres , cette question m'a envahi ! 

    Qu'est ce qu'un bon directeur ? 

    - Ah bon, il était bon, mais qu'est-ce que c'est pour toi un bon directeur ? lançai-je légèrement inquiet à l'idée ne pas correspondre à cette image .

    - Hé bien me répondit-il, y nous embêtait pas avec toutes ces réunions inutiles et cette paperasse. Il nous préservait des parents et gérait l'école sans nous  ! Même, il remplissait certains de nos papiers  pour nous épargner du travail: il savait qu'on avait bien d'autres choses à faire !

    Mince alors, je ne suis pas un bon directeur !

    Morale de cette histoire: quand des neurones iconoclastes s'opposent aux merles rieurs, cherchez l'interrupteur !


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  • Le numérique n'en finit pas d'entrer à l'école.  

    Après la radio, la télé, le magnétoscope,  le photocopieur, le MO5, le TO7, et enfin le PC ...  nouveautés technologiques introduites successivement à l'école sans réels changements des pratiques et sans amélioration des résultats scolaires, va-t-on assister à une révolution numérique ?

    L'école doit se saisir de ces nouveaux outils pour tenter de donner au numérique une dimension collaborative et participative, histoire de contrebalancer les usages solitaires qui conduisent à l'enfermement et à toutes les dérives.

    Grâce au numérique, confronter les représentations, construire ensemble, se bâtir des représentations partagées... Ne devons-nous pas re-construire le collectif, le sentiment d'appartenance et de valeurs partagées !

    La formation nécessaire des enseignants sera autant pédagogique que technique! 

    L'école et le numérique

    http://www.cahiers-pedagogiques.com/Enseigner-en-primaire-avec-le-numerique


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  • Le directeur et l'inspecteur« Le véritable chef, c’est l’inspecteur de l’enseignement primaire que l’on appelle plus simplement, et pour le faire enrager, inspecteur primaire. (…) L’inspecteur nouvellement promu, quelle que soit son origine, et alors même qu’il n’aurait jamais mis les pieds à l’école primaire, cet inspecteur sait faire la classe. Il sait la faire ! Si, d’ailleurs, par impossible, il ne le savait pas, il l’apprendrait au cours de ses pérégrinations, en observant les instituteurs qui arrivent aux meilleurs résultats. Et, enfin, on ne lui demande pas de faire la classe, après tout ! On lui demande de juger ceux qui la font. (…)

    Ils (les inspecteurs) font leur métier. Ainsi, les vieux maîtres ont-ils, au cours de leur carrière, reçu les instructions les plus variées. Tel chef faisait de la grammaire le pivot de tout ; pour son successeur, l’enseignement expérimental des sciences avait une autre importance ! Celui-ci, emballé devant le calcul mental, aurait prescrit porte-plumes et crayons, s’il n’avait un beau jour découvert le calcul mental  « écrit ». Celui-là mettait au premier plan l’enseignement historique. Pour d’autres, la grosse affaire était l’organisation des cours d’adultes, ou la mutualité, ou l’écriture droite, ou la psychologie expérimentale, ou l’antialcoolisme, ou le chant, ou le dessin… ou bien, ou bien … on n’en finirait pas !

    Tout cela est assez inoffensif, car à la fin du compte, cela ne change pas grand -chose dans la vie de l’école ! »

    Ernest Pérochon 1927, L'instituteur au début du XXe siècle

     

    Amusant, non ?

    N’entendait-on pas les mêmes discours (réducteurs, ce n'est qu'un extrait !) , il n’y a pas si longtemps dans les écoles ? Mais les choses ont brutalement changé, sans doute parce que les inspecteurs, tout comme nous, n’ont plus le temps de se laisser aller à leurs marottes, tant ils sont occupés par les urgences qui se succèdent à un rythme effréné et par une complexité toujours plus grande !

    Les conceptions même du management ont évolué, se sont « américanisées » … Mise en avant de la notion d’équipe, valorisation du projet local (d’école), appel à la créativité et à la responsabilité individuelle au profit du projet collectif,  constat des limites de la verticalité descendante en formation, au profit de l’horizontalité ou d’une verticalité ascendante, …

    Constat aussi d’une souffrance au travail de plus en plus répandue dans les écoles dites « difficiles » , prise en compte du risque accru de "burn-out", nouvelle conception du concept d'autorité, volonté de libérer les capacités créatives, d'encourager l'initiative ? 

    Dans "autorité" n'y a-t-il pas aussi "autoriser à" ? 

    Bref les relations entre l’inspecteur et les inspectés semblent en cours de mutation !

    Mutation amorcée, mais jusqu’où ?

    Partir des enseignants tels qu’ils sont – avec leurs bagages pédagogiques et didactiques -  les mettre en synergie, pour réfléchir aux besoins de leurs élèves au regard des priorités nationales, pour imaginer des réponses adaptées, pour faire état d’un besoin de formation ciblée sur les priorités retenues localement, ...

    L’inspecteur assurerait alors un accompagnement bienveillant, en cherchant à alimenter la réflexion des équipes, en participant à l’analyse des besoins et à la recherche de possibles, en proposant des outils, en essayant de donner aux équipes  les moyens de se réunir, d’échanger, de confronter (remplaçants à certains moments par exemple)… sans chercher à imposer à tout prix des solutions réfléchies ailleurs ! 

    Rendre les équipes actrices de leur professionnalisation, dans le cadre des priorités nationales, of course , en bousculant ou en dérangeant parfois ! On peut se le permettre dès lors que l'on travaille sur le même chantier !

    Personnellement, je cherche à ouvrir nos instances de réflexions (conseils des maîtres)  sur l’extérieur : l’IEN et son équipe de circonscription, des formateurs (en didactique des disciplines, par exemple), des personnes ressources (en communication, par exemple), … tant je suis convaincu par la nécessaire articulation entre horizontalité et verticalité! 

    Plus grande autonomie des établissements , mais avec, à la clé, plus de responsabilités ?

    La « liberté (encadrée) » a un prix ! 


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  • La prise de fonction, comme dans une classe,  est souvent déterminante pour la suite des évènements.

    Quand on arrive dans une école, le premier réflexe est de se glisser dans le moule. On peut se contenter de faire fonctionner, continuer… comme son prédécesseur ! C’est pourtant pendant ces quelques mois d’appropriation d’une nouveau poste qu’un regard neuf permet d’observer avec le plus d’acuité les pratiques, les bonnes et celles sur lesquelles il serait parfois bon de revenir ! C’est particulièrement vrai pour tout ce qui touche à la sécurité, à la gestion de la difficulté scolaire, etc. ... !

    Une fois à l’intérieur, difficile de s’extraire du quotidien pour prendre de la distance et observer !

    Quand j’ai accepté de prendre la « Direction » de mon école actuelle suite à des évènements douloureux, je me suis beaucoup interrogé : comment faire de cet imprévu professionnel une aventure enrichissante, pour moi et si possible pour les autres ?

    La Direction, je connaissais, en étais sorti et ne voyais pas très bien ce que je pouvais gagner à refaire ce que j’avais déjà fait, si ce n’est quelques points d’indices qui ne comblent pas la lourdeur de la tâche !

    Plus de réel défi donc, même si l’arrivée dans une école à ce type de poste reste toujours une prise de risques ! Les collègues vont-ils vous accepter ?

    D’abord il y a des maladresses à éviter ! Le Directeur serait ainsi en droit de choisir sa classe en premier ! La fonction prévaudrait sur l’ancienneté dans l’école ! On le voit encore quelquefois !

    J’ai beau chercher, je ne trouve aucun texte explicite sur la question ! On lit ce genre de règle dans beaucoup de notes de service d’IEN qui semblent s’appuyer sur le référentiel métier de la direction d’école. Le directeur répartit en effet les classes entre enseignants après avis du conseil des maîtres ! C’est peut-être à ce titre qu’il peut s’accaparer de la classe convoitée, au détriment parfois d’un collègue installé !

    Mauvaise entrée en matière ! À éviter si l’on veut s’épargner dès le départ des rancoeurs bien compréhensibles !

    Il ne faut pas pour autant se résigner à prendre ce qui reste, généralement la classe dont personne ne veut ! La règle de l’ancienneté, qui ne repose pas davantage sur un texte officiel, est par ailleurs le dernier recours quand on envisage la répartition des classes pour l’année suivante : peut-on procéder à ce genre de choix en occultant l’intérêt des élèves ?

    Expression des désirs de chacun, négociation, sans jamais perdre de vue l’intérêt des élèves et pourquoi pas … la solidarité entre pairs ! Pourquoi faudrait-il systématiquement confier au dernier arrivant la classe la plus difficile (c’est souvent le cas de la dernière qui reste sur le marché !) ?

    Je me souviens à ce propos de mon premier poste, dans une grosse école de ZEP ! Les collègues, au moment de l’arrivée d’un nouvel instituteur, demandaient invariablement : « Que préfères-tu ? Un cours simple ou un cours double… sachant que le cours double aura moins d’élèves qu’un cours simple ! »

    L’arrivée dans une école, à un poste observé et attendu… est l’occasion pour le directeur de dévoiler d’emblée le paradigme qu’il aimerait mettre en oeuvre pour sa direction !

    Paradigme qu’il faudra partager !

    Mon paradigme, un parmi d’autres possibles … (à suivre)


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  • Tout dépend évidemment du cadre dont il est question.

    Pour la classe, c’est l’enseignant et son inspecteur… mais n’oublions pas les parents qui exercent souvent une vigilance plus ou moins interventionniste.

    Pour l’école, il y a plusieurs niveaux de responsabilités que l’on connaît souvent mal dans les écoles. Combien d’enseignants sont allés lire le référentiel métier des directeurs avant de le devenir ?

    On reste encore beaucoup sur des représentations issues des habitudes !

    La Directeur est garant institutionnel, devant ses supérieurs hiérarchiques et devant la justice  ! Il est en particulier personnellement responsable de la sécurité des biens et des personnes. Sur ce niveau supérieur de responsabilité, il a un pouvoir de décision, car c’est lui qui va devant un tribunal en cas de défaut d’organisation, ou d’autorisation inappropriée des sorties scolaires par exemple, … Il y a des sujets qui ne sont que partiellement négociables !

    Il est aussi responsable de l’organisation pédagogique de l’école, et à ce titre il répartit après avis du conseil des maîtres les classes entre les enseignants, les élèves entre les classes, les échanges de service, etc…  C’est ce que j ‘appelle le deuxième niveau de responsabilité ! Le directeur en est garant devant ses employeurs, et sans doute aussi devant les parents d’élèves !

    Et puis, il y a tout le reste… du projet d’école à la vie du groupe , le troisième niveau de responsabilité.

    Le directeur d’école est garant de la cohérence du projet global : il donne de la visibilité et de la lisibilité. Comme le guide de haute montagne, il s’assure de garder le cap, avec en ligne de mire le sommet à atteindre. Les occasions sont nombreuses de prendre la tangente, de s’écarter, voire d’abandonner en cours de route, tellement les sollicitations venant de l’extérieur, de notre propre institution souvent,  sont nombreuses et fréquentes ! Sur la durée du projet d’école encore en vigueurs dans mon école et qui comportait 4 axes imposés, nous avons été détournés au moins 2 fois de nos projets initiaux : une première fois pour le « climat scolaire » qui est devenu subitement une priorité, puis une deuxième fois sur des problématiques réelles d’accès à la langue orale !

    Les instruments de cohérence et de visibilité existent : les cartes mentales si utiles pour représenter les procédures de réalisation des tâches scolaires pour nos élèves en difficulté, sont d’un précieux  outil d’aide à la pensée et à la mémoire !

    Mais qui est garant du cadre ?

    Tout dépend du niveau de responsabilité ! Il y a des responsabilités, celles de niveau 1, qui ne se partagent pas, et mieux vaut être clair dès le début sur ces questions-là !

    Mais si le directeur veut être garant de tout, alors l’épuisement est au bout du chemin, avec en prime l’inefficacité! Le directeur, contrairement au principal de collège, est seul à bord : en gérant seul, il priverait son école des capacités créatives de ses collègues !

    Le cadre est donc l’affaire de tous … Chacun en est garant, et d’autant plus  s’il est issu d’une co-construction, disons  d’une démarche collaborative !

    Donc, chers collègues, le cadre, en dehors des responsabilités de niveau 1… c’est vous , c’est NOUS ! Alors inutile d’attendre que le directeur règle tout ! Si celui-ci a une stratégie de « management » , ce doit être de mon point de vue  une stratégie d’élaboration d’un projet collectif !

    Le directeur est alors un garant du cadre collectif, il fait respecter les règles issues du groupe, sinon à quoi bon les mettre en place ? Mais s’il est le seul à faire ce travail, alors le « syndrome police » n’est pas loin : on n’aime pas beaucoup se faire prendre en défaut – et ça arrive à chacun de nous -  y compris quand on a participé à l’élaboration du code !

    Tout le monde est donc garant du cadre : chacun pour tous, et d’abord pour soi-même !

    Le cadre n’est donc pas une prison, mais un ensemble de règles définissant le fonctionnement de l’école, et une règle n’étant pas Loi, on peut à tout moment revenir dessus pour l’adapter…

    On peut même y déroger, avec l’assentiment du groupe !

    Est-ce que ça vous dérange si… ?

    Et il y a fort à parier que tout le monde sera OK !


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  • Un cadre professionnel définit explicitement les obligations des uns et des autres, fixe les possibles et les limites.  

    Comme toujours, plus il est co-construit et explicite et plus il sera admis, moins on en parlera et plus il deviendra léger!

    Mais il peut y avoir des résistances, justifiées ou non,  et il est souvent difficile de détricoter ce qui se joue dans ces cas-là !

    Il se peut réellement que les choix collectifs soient trop lourds !

    Alors il faut jouer le jeu de la transparence , de la co-construction ! Une Règle n'est pas Loi, elle peut évoluer ! Et il est toujours bon d'alléger, à condition de ne pas fragiliser l'ensemble.

    Outil d'analyse du cadre professionnel

    ...

    Je vous propose donc ci-dessous, un outil bricolé d'analyse du cadre!

    Mais peut-on analyser un cadre de travail reposant sur des choix négociés sans s'interroger sur son propre rapport à la loi et au collectif ! Ce premier niveau d'analyse est personnel, et n'a pas à entrer dans la sphère publique!

     ...

    Le "cadre local " s'inscrit dans le cadre institutionnel qui laisse néanmoins  une grande part de liberté aux équipes ! C'est sur cette part de liberté que le groupe doit statuer et se choisir un mode de fonctionnement :

    - des obligations de service: quand ?  avec qui ?  combien d'heures ? dédiées à quel sujet ? que faire en cas de travail à temps partiel? etc. ...

    - La répartition des classes et des élèves entre enseignants: comment faire ? 

    - La gestion du matériel et des locaux: comment se les répartir ?

    - Que faire des élèves en cas d'absence d'un maître ?

    - Quel protocole de sécurité dans le transfert entre l'école et le périscolaire?

    - Comment gérer les absences d'élèves?

    - Sur quels leviers allons-nous travailler ?

    - Qui range, nettoie, organise, pilote, surveille... ?

    - Comment organisons-nous l'APC ? Comment gérons-nous la difficulté, le suivi des élèves ?

    - etc. ...

     Outil d'analyse du cadre 

    1/ Mes ressentis

    Je m'y sens bien, il me convient  wink2

    Je ne m'y sens pas bien, il me contraint trop, je le trouve lourd frown

    Je le juge nécessaire, mais j'aimerais bien changer certaines règles arf

    Les ressentis sont-ils partagés ?

    ...

    2/ Éléments d'analyse

    > Moi et le cadre

    Je suis seul à le ressentir, ou ce sentiment est-il partagé ?

    Pourquoi suis-je gêné par le cadre ?

    > Je ne le trouve pas efficient ! On a fait les mauvais choix. Je flirte avec la règle ou j'y suis souvent en défaut, j'ai du mal à le respecter, je n'obtiens pas toujours ce que je veux (désire), je ne suis pas d'accord avec certaines règles (lesquelles) ou certains fonctionnements, le collectif prévaut trop sur l'individuel ? 

    Quels sont les fonctionnements qui me gênent le plus ?

    Quel est mon rapport au collectif , à l'autorité, à la loi ? Je m'y inscris ou non?  Au fond  ça me gêne et je culpabilise, ou ... je m'en fiche, la loi c'est pour les autres !

    > Le cadre est-il co-construit ?

    Le cadre est-il issu du groupe ou est-il imposé? Dans quelle proportion ?

    Puis-je m'y exprimer ?

    Est-ce que j'accepte la frustration du "NON" et donc que le groupe ne me suive pas !

    > Cela me blesse, touche à ma personne, je mets à distance en me disant que ce n'est pas moi qui suis rejeté  mais ma proposition, etc. ... 

    > Ai-je le sentiment d'être écouté ? Qu'est-ce que ça signifie pour moi "être écouté"?

    Quelle position, quelle place aimerais-je occuper dans le collectif ? 

    Certains sont-il plus influents que d'autres: cela me gêne-t-il et pourquoi ? 

    Est-ce que je reconnais au Directeur le droit de statuer sur certains points qui relèvent de sa responsabilité professionnelle et juridique ? 

    Est-ce que je connais le référentiel métier du directeur(trice) ?

    Est-ce que je connais le cadre institutionnel dans lequel s'inscrit celui de l'école?

    Est-ce que je participe à la co-contruction du cadre ? Est-ce que je le connais ?

    > Est-ce que le cadre s'applique de la même façon pour tous ?

    Si tel n'est pas le cas, il y a sentiment d'injustice ou d'iniquité ! Le problème peut-il être posé ?

    Qui est garant du cadre ?

    Le cadre est-il adaptable, ajustable, évolutif, renégociable? 

    Peut-on y déroger ? Dans quelles conditions ? Doit-on demander l'assentiment du groupe ? Qui autorise ? 

     > Est-ce que le cadre est efficace ?

    Rend-il les services que l'on attend de lui?

    Produit-il une valeur ajoutée ?

    > Est-ce qu'il met en valeur le travail du groupe ?

    ...

    3/ Conclusion

    Le cadre est trop lourd: qu'est-ce qui en fait sa lourdeur ? Où peut-on alléger ? Qu'est-ce que je réclame ?

    Le cadre est OK, ... alors n'en parlons plus ! Vivons-le !

     


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  •  

    "Quand chacun fait ce qui lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît à d'autres"

    Rousseau

    Mais de quoi parlons-nous ?

    Le cadre collectifJe trouve toujours intéressant de revenir au sens originel,   à l'évolution des mots et de leurs usages pour comprendre les choses,!

    Cadre: du latin "quadrum" , carré ! 

    «  Tour, bordure en bois ou en métal, d'une glace ou d’un tableau. » (Larousse)

    Par extension:

    - environnement, 

    - châssis fixe formé par des pièces de bois assemblées à angles droits (menuiserie > portes ou fenêtres),

    - assemblage de tubes et de tiges donnant sa rigidité au vélo,

    - assemblage qui composent une charpente, une structure solide (cadre d'un piano),

    - Plan ou agencement des parties d'un ouvrage, de la pensée,

    - synonyme de conteneur (un navire porte-cadres)

    Tiens, je dis souvent que le cadre est contenant et conteneur  , un peu comme cette dernière extension ! J'y reviendrai ! 

    Revenons à notre bordure en bois...

    Il a un rôle de protection, il sert à maintenir la gravure et donc à empêcher sa déformation, à protéger ses angles, ...

    Il a un rôle utilitaire, il sert à accrocher au mur, à poser sur un meuble,...

    Il a un rôle de mise en valeur de l'oeuvre; choisi pour sa matière, lourd ou léger , il valorise ou éteint ...

    Mais il faut l'entretenir pour lui conserver ses attributs: l'épousseter régulièrement, le cirer, le...

    Notre cadre professionnel a les mêmes fonctions :  

    - protecteur, il donne un sentiment de sécurité.

    - utilitaire , il nous permet de faire fonctionner la machine (efficacité).

    - valorisant , il contribue à l'image donnée de notre école. 

    Comme notre "quadrum", il faudra le faire vivre, l'entretenir, pour lui garantir son existence! Un cadre collectif a besoin de régulations.

    Comme le cadre de bois qui ne doit être ni trop léger au risque de fragiliser l'ensemble, ni trop lourd au risque de prendre plus de place que la gravure elle-même, notre cadre professionnel doit être ajusté aux besoins de l'équipe, devenir progressivement consensuel jusqu'à ne plus ressentir le besoin d'en parler!

    Il institue les limites, les règles que le groupe se fixe pour mieux travailler, mieux vivre ensemble. Le groupe se choisit, par négociation et ajustements progressifs, sur la base des valeurs partagées, un mode de fonctionnement qui touche à toutes les dimensions du collectif, du trivial au supérieur... Cela va de l'organisation des obligations de service (réunions, surveillance,...)  au nettoyage du frigo de la salle des maîtres, en passant par le pilotage des actions du projets d'école ou par le choix d'objectifs prioritaires limitant inévitablement les libertés individuelles.

    Si le groupe de professionnels a tout intérêt à commencer par se réunir pour fixer "explicitement" les grandes lignes de son cadre de travail - occasion pour le directeur d'expliciter le paradigme qu'il s'est choisi pour sa direction - un cadre se construit progressivement, très souvent dans une recherche d'efficacité, parfois en réaction à des évènements , sur la demande des uns ou des autres, dans une volonté de dépasser un inconfort personnel, un sentiment d'injustice ou d'iniquité, la toute puissance de l'un, la légèreté d'un autre, ...

    Effet d'accumulation ! C'est un risque en tout cas! 

    Il serait bien étonnant que dans un groupe important , il n'y ait pas quelques résistances au cadre collectif, justifiées ou non! Plus il est explicite, et plus il peut déranger, car il met en lumière les dysfonctionnements personnels ou les petits arrangement entre-amis qui sont à valoriser, sauf quand ils reposent sur des ressorts  dangereux à long terme pour le groupe: la prise de pouvoir par la puissance de la parole, la séduction,  ... bref sur des bases non professionnelles mais tellement humaines! N'en faisons-nous pas tous usage, consciemment ou inconsciemment ? Le cadre collectif vient alors s'opposer au pouvoir d'un seul:  la nature comble toujours les vides, et la faiblesse ou l'absence d'un cadre profite souvent à quelqu'un !

    Les règles s'ajoutant les unes aux autres, le cadre peut cependant devenir trop présent ou trop contraignant , et finalement en contradiction avec l'une de ses fonctions essentielles :  la sécurité et le bien-être au travail !

    Lourdeur réelle ou supposée, mais ressentie! Il faut accueillir la parole sur cette question aussi, pour dépasser les ressentis,  s'engager dans l'analyse et transformer, adapter si nécessaire! Un cadre n'est jamais définitivement posé !

    Je vous propose donc dans l'article suivant, un outil bricolé d'analyse du cadre!

     


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  • La liberté pédagogique, vieil étendard libéral brandi pour lutter à l'origine contre toutes les tentatives d'ingérences ou de pressions qui pesaient sur l'école, refait régulièrement surface. Je pensais cette question aujourd'hui dépassée, tant je croyais consensuelle l'idée que cette liberté s'inscrit et trouve ses limites naturelles dans un projet collectif  ! Continuité, cohérence des parcours, répartitions de cycles pour éviter les redites et les pertes de temps ! Renforcements plutôt qu'accumulations désordonnées! Centration sur des besoins identifiés et sur des hypothèses partagées! Bref, on a plus de chance d'obtenir des résultats si on coordonne nos actions et si on s'inscrit dans la durée ! Rien de pire en pédagogie que le zapping  !

    Le saviez-vous ? La liberté pédagogique ne trouverait une existence juridique qu'en 2005 (loi Fillon): "La liberté pédagogique de l'enseignant s'exerce dans le respect des programmes et des instructions (...) et dans le cadre du projet d'école ou d'établissement avec conseil et sous contrôle des membres des corps d'inspection " (Code de l'éducation - art 48).

    Cette liberté est donc bel et bien inscrite depuis 2005 dans un cadre national (les programmes et instructions, les priorités nationales) et local (le projet d'école, les programmations de cycle, ...).

    L'état définit les contenus d'enseignement et les missions des enseignants. La liberté pédagogique s'exerce dans le choix des méthodes et des démarches didactiques, dans les formes des médiations pédagogiques... 

    "De G de Robiens qui oeuvra fortement pour imposer la méthode syllabique en lecture, à Peillon qui lie l'idée de liberté pédagogique au fait que le métier d'enseignants n'est pas une profession d'exécution, en passant par Darcos qui rappela qu'on ne devait pas juger l'enseignant sur ses méthodes mais sur ses résultats (sic?) cette question refait surface, et semble très diversement comprise ... comme s'il n'existait pas de texte (celui de 2005)!"

     

    Parole, parole... Les programmes ont toujours largement influencé les pratiques pédagogiques: de la pédagogie d'éveil aux programmes de 85 (Chevènement),  de l'ORLF aux programmes de 2008 , de loi d'orientation en loi d'orientation , les enseignants ont toujours eu des indications plus ou moins directes sur la nature des mises en oeuvre attendues. Parce que la mise en oeuvre participe aussi des savoirs... 

    J'emprunte à Jean Michel Zakhartchouk  que j'ai eu le plaisir de rencontrer à Belfort au cours d'un repas professionnel le texte qui suit et qui traduit bien le problème éthique qui est posé: "La liberté pédagogique, de quoi s'agit-il ? Si elle renvoie à l’idée qu’effectivement, le métier d’enseignant n’est pas d’exécution, qu’il s’agit bien d’une « profession » où l’on a de larges marges de manoeuvres sur l’organisation de son travail,  où on est un décideur dans sa classe de bonnes stratégies, de méthodes pertinentes…, alors oui, même si l’on devrait plutôt parler d’autonomie pédagogique. En revanche, s’il s’agit de mettre en avant une conception très libérale du métier (une conception largement fantasmée, car en vérité bien des professions libérales sont fortement cadrées ou encadrées et le verdict du client y est essentiel comme mode d’évaluation !), alors on ne peut qu’être très réservé sur une notion qui  peut faire oublier le respect de règles, de valeurs, d’objectifs communs. En outre, la « liberté pédagogique » semble bien, dans nombre de déclarations qui la sanctifient, une manière de refuser le collectif, de prôner un individualisme débridé qui s’opposerait à un collectivisme quasiment totalitaire. Aussi aurai-je tendance à préférer le terme de « responsabilité pédagogique ». L’enseignant doit avoir des responsabilités, au sens donc qu’il dispose d’une certaine maîtrise de ses choix, mais il doit aussi avoir « la » responsabilité de tout faire pour œuvrer à la réussite de tous les élèves, de travailler dans le cadre d’un projet collectif dont il est un des acteurs, de participer à un effort national qui dépasse sa propre personne. (...)  Oui, la liberté, ou plutôt l’autonomie pédagogique est essentielle…comme moyen pour les enseignants d’accomplir leurs missions, de participer à un projet collectif  dans lequel ils sont des acteurs et pas de simples pions. Nécessité peut-être, si et seulement si elle n’est pas la porte ouverte à tout. Il est vrai que l’enseignant est parfois pris dans le piège des injonctions paradoxales : doit-il respecter les programmes avant tout ou faire réussir les élèves ? doit-il obéir à une logique du socle commun ou se conformer à des textes officiels qui de facto lui tournent le dos, doit-il s’occuper d’abord de ce que les élèves apprennent et non de ce qui est officiellement enseigné ? Doit-il se plier aux règles d’un collectif qui parfois ne respecte pas les règles nationales (par exemple qui pratiquerait la punition collective, la constitution de classes de niveaux, instaurerait des règlements contraires au droit, etc.) ? Quelle est la légitimité supérieure qui doit primer sur les autres ? Est-ce à chacun de l’estimer ? Autant de questions complexes qu’il faudrait travailler davantage en formation.  Occasion de débats, d’analyse de cas, pour gérer au mieux les tensions entre exigences contradictoires, celles du fonctionnaire rigoureux, du cadre inventif, du militant de la réussite de tous, du citoyen, du pédagogue."

    La liberté pédagogique, dans son acception libérale la plus extrême, hors de tout cadre collectif, participe à une déstructuration des apprentissages et à une satellisation des pratiques ! On en voit les conséquences, par exemple, dans la faiblesse des  performances orthographiques de nos élèves ! 

    Ne faudrait-il pas conjuguer la liberté pédagogique avec la nécessité d'une cohérence des parcours en termes de méthodes et donc de manuels ? 

    Où est l'intérêt des élèves ?

    La liberté pédagogique trouve ses limites dans les questions de responsabilité ! J'aime bien cette idée ! Même si elle oblige chacun d'entre nous à renoncer parfois à des envies personnelles et à une toute puissance  contre-productive.

    J'emprunte une dernière fois les mots de Jean Michel Zakhartchouk[1]:  "Liberté chérie"  continue à être un refrain apprécié et très porteur. Ce qui n’empêche pas qu’on brandisse plus facilement ce thème lorsqu’on est opposé à certaines règles qui ne vont pas dans notre sens, jusqu’à défendre la « désobéissance » alors même qu’on reprochera leur insoumission à des récalcitrants par rapport à des lois ou normes qu’on apprécie."



    [1] Sources : le blog de JM Zakhartchouk , le Blog du SNUIPP, mes souvenirs personnels qui peuvent être mis en défaut. 

    Bien sur si les références aux écrits de JM Zakhartchouk gênent son auteur, je me ferai un devoir de retirer immédiatement ce billet d'un soir! 

     


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  • L'équipe, possible ou impossible

    « L’école est une, quel que soit le nombre de ses maîtres, et tout enseignement est une collaboration : collaboration des maîtres entre eux en vue de la formation intellectuelle et morale de l’enfant ; collaboration des maîtres et des familles. Il n’est pas de conception plus fausse, plus étrangère à nos principes d’égalité et de bonne confraternité que celle qui maintiendrait le directeur et ses adjoints dans un isolement mutuel, le premier concentrant en sa personne toute la vie administrative et pédagogique de l’école, les seconds réduits à une obéissance étroite et bornant leur activité à enseigner suivant des méthodes et des principes acceptés sans discussion et sans foi, et imposés d’autorité. L’unité ainsi obtenue frapperait par avance l’enseignement de stérilité : pour être féconde, l’harmonie doit être faite de l’accord de toutes les bonnes volontés s’employant à l’œuvre commune. »

    circulaire du 15 janvier 1908, via l’instituteur au début du XIXe siècle (Pérochon)

     

    Curieusement le sujet reste posé de la même façon au moment où j’écris ces quelques lignes… plus d’un siècle plus tard !

    Mais pourquoi faut-il travailler en équipe ? Qu’avons-nous à y gagner ? Et les élèves ?

    Par expérience, clarté cognitive oblige, je crois que les gens ne s’engagent avec énergie dans un processus que s’ils en comprennent le sens et s’ils ont finalement le sentiment d’y gagner quelque chose !

    Tout l’enjeu se situe donc là : comment faire pour donner le sentiment du gain à chacun des collègues qui se plaignent souvent des réunions sensées gouverner le travail collectif!

    « On y perd son temps, on a bien autre chose à faire… »

    Ce sont souvent les mêmes qui s’auto congratulent - « Nous formons une équipe ! » - la plupart du temps sur des bases morales. La solidarité est la valeur la plus souvent mise en avant par les collègues questionnés sur ce qui caractérise une équipe.

    Personnellement, le mot « équipe » me renvoie systématiquement aux sports collectifs qui furent longtemps mon objet d’enseignement: une équipe, c’est un ensemble de personnes réunies pour jouer ensemble, appliquant les mêmes règles institutionnelles dans un but commun : gagner le match. Comme les joueurs sont animés par la même volonté de battre l’adversaire, ils vont se répartir les rôles, sur la base de leurs compétences respectives et complémentaires, agir de façon coordonnée… Le parallèle s’arrête là, car en sport co, l’entraîneur est aussi sélectionneur et dépositaire d’un pouvoir que le Directeur n’a pas !

    Ce qui fait une équipe, c’est donc avant tout un PROJET !

    Pas d’équipe sans projet !

    Le projet de gagner au rugby, la volonté de faire progresser les élèves quand on est à l’école.

    Oui, oui, vous avez bien lu : faire progresser les élèves ! Je n’aime pas la formule « faire réussir les élèves ! » utilisée sans précaution, sans même  définir ce qu’on entend par « réussir » 

    Formule productrice de bien des désillusions dans notre société de consommateurs.

    « Réussite » vient de l’italien « uscita » … issue, sortie ! Réussir, ce serait alors s’en sortir, sortir de sa condition…

    Passer d’un état à un autre : de l’ignorant au savant, de l’impuissance à l’action, du non pensant au pensant, de l’échec à l’expérience de la réussite, du non lecteur au lecteur, …

    La réussite pour tous ou pour chacun selon les époques, dans cette  perspective, rejoint ma propre formule qui met en avant la notion d’éducabilité : les progrès sont possibles pour chacun !

    Mais cessons de finaliser les actions de l'école par des slogans publicitaires encourageant toutes les dérives consuméristes : la réussite ne doit pas devenir un droit exigible faisant oublier qu’elle est d’abord le résultat d’une alliance entre la famille et l’institution, dans un partage de responsabilités identifiables.

    Il faut travailler sur cette alliance !

     

    Bon, je vous entends d’ici, chers et rares lecteurs , m’opposer vos arguments behavioristes: pas besoin de projet local, tout juste bon à faire perdre du temps dans un formalisme inopérant. Le projet, c’est celui qui est fixé par la Nation, c’est celui de l’école et de ses programmes…  Inutile de nous réunir pour ça ! Il revient à chacun d’opérationnaliser, chaque année qui s’ajoutent les unes aux autres, les directives nationales ! Si chacun fait bien son travail, alors la somme des bonnes volontés devrait suffire !

    On sait que la somme des bonnes volontés ne suffit pas. Si tel était le cas, ça se saurait et l’école ne serait pas confrontée aux difficultés actuelles !

    « On est plus fort tout seul quand on est plusieurs ! »

    Cette formule Vygotskienne est transférable à l’équipe pédagogique.

    Coordonner les efforts des uns et des autres sur des compétences leviers qu’il reste à identifier… faire ensemble un travail d’analyse des difficultés, poser des hypothèses sur les besoins, choisir des actions coordonnées pour éviter la dispersion et les initiatives individuelles qui reposent parfois sur des envies , des goûts personnels … 

    Les leviers en cause ne manquent pas : le langage, la pensée et la conceptualisation, la construction du nombre, les obstacles à la compréhension d’un texte lu, etc. …

    Partir de constats, sans négliger les ressentis ou les impressions… Cette phase d’analyse doit être authentique, interne au groupe, si possible accompagnée d’apports théoriques et méthodologiques venus au bon moment de l’extérieur !

    Un rôle d’accompagnement des équipes de circonscription ?

     

    La définition du projet qui liera le groupe

     

    Bon, je sais , je sais… le seul mot de projet donne de l’urticaire au monde enseignant ! C’est sans doute le résultat du formalisme institutionnel qui, dans une première volonté compréhensible de diffuser les « bonnes pratiques » - terme impropre s’il en est -  et une formation à un moindre coût, a imposé aux équipes un guidage, un cadre très contraignant pour les projets d’école !

    En balisant son élaboration, en fixant des axes obligatoires de travail, on a conduit parfois les écoles à des contorsions dont le seul objet était l’obtention de la conformité : la forme a prévalu sur le fond ! Les projets d’école se limitent souvent à des déclarations d’intentions que les acteurs investissent ou non !

    Les projets disparaissent ensuite souvent au fond du tiroir, ressorti à  l’occasion d’une inspection. Quand une inspection s’annonce, branle-bas de combat : où est le projet d’école ?

    Une fois la démarche de projet comprise, c’est l’AUTHENTICITÉ  qu’il faut rechercher avec le groupe, et le rôle du directeur est ici tout à fait fondamental, à la fois en termes pédagogiques et managériaux !

    Comment conduire l’analyse collective? Quels indicateurs choisir ? Quelle hiérarchie des priorités, sur quels besoins, sur quelles hypothèses  ? 

    L'équipe, possible ou impossible 

    Si cette première phase classique dans une démarche de projet est généralement assez consensuelle, la suivante qui consiste à choisir une stratégie l’est beaucoup moins : phase de tension dans le groupe, temps des résistances sur des ressorts qui ne sont pas toujours  professionnels , mélange d’intérêts personnels,  de sentiment d’équité, de divergences sur les moyens,  … !

    Cette phase est en effet lourde de conséquences pour les membres du groupe, en termes de répartition des moyens, de priorités retenues susceptibles de limiter… la liberté pédagogique ! 


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