• Climat scolaire, un parti-pris local

     

    A/ Préambule

    B/ Ce que nous faisons déjà 

    C/ Ce que nous allons faire

     

    A/ Préambule

    En préambule, mes réflexions jetées à la va vite et de bon matin sur le papier, … Elles n’engagent que moi, et vous avez le droit de ne pas être d’accord ! 

    L’école élémentaire René Rucklin est depuis longtemps engagée sur ces problématiques, bien avant la commande institutionnelle…

    Quand on se penche sur l’histoire de l’école, on retrouve dans ses archives, la trace de conseils coopératifs, d’instituteurs Freinet, de portes ouvertes, de réunions de discussions, de règlements partagés, de distribution de bulletins en mains propres, …

    On ne parlait pas encore de climat scolaire, mais on évoquait alors la nécessaire alliance avec les parents d’élèves.

    Partager des valeurs éducatives communes, pour offrir aux élèves un climat serein, propice aux apprentissages…

    Amener à prendre conscience  que la réussite scolaire n’est pas de la seule responsabilité de l’école, que la famille y a sa part et qu’elle doit s’engager, elle aussi … 

    Quand on cherche à créer les conditions de l’engagement de l’enfant et de sa famille dans les apprentissages, on prend vite conscience de la nécessité de travailler sur différents leviers, tant  nous sommes là, dans une problématique systémique !

    Alors bien sûr, face à la difficulté qui sans doute dépasse en partie l’école, la tentation est grande pour chacun de se réfugier dans son pré carré : que les enseignants enseignent, que les parents éduquent ! Que les enseignants transmettent, que les parents rendent leurs enfants prêts à recevoir !

    Attendre dans l’espoir que certaines de nos familles changent, ou travailler avec elles, telles qu’elles sont… Il y a là , un positionnement de type éthique !

    Renvoyer toute la responsabilité des difficultés actuelles à la famille ou à l’enfant  serait sans doute une attitude peu professionnelle… Nul n’y songe, of course !

    L’auto-questionnement est au cœur de notre métier :

    - Quel est le rôle de l’école dans une société qui a tellement changé ?

    - Ne contribue-t-elle pas à produire, elle aussi, de la difficulté ou de l’échec ?

    - N’y a-t-il pas une utopie dans cette idée de réussite scolaire pour tous, qui pousse au déni des différences de rythmes de maturation cognitivo affective ?

    - Comment l’école peut-elle prendre en compte cette même difficulté scolaire ?

    - Quelles informations nous donnent les recherches actuelles, qu’elles se situent dans le domaine des sciences de l’éducation ou des neurosciences ?

    - Que faire avec ces élèves si instables, si peu concentrés, sans appétence pour ce que l’école propose ?

    - Quelles sont les compétences leviers – s’il y en a - sur lesquelles il faudrait davantage  se concentrer?

    Sur ce dernier point, la tentation est forte de revenir aux enseignements dits fondamentaux  (math,  français) …

    C’est oublier que la pensée se développe sur le langage et l’expérience, que la compréhension de la langue s’appuie sur la culture ! Sans univers culturel, difficile de comprendre un texte lu !

    Ce travail engage l’école et ses enseignants sur des champs que « nos anciens » n’avaient pas besoin d’investir, ou si peu ! Notre société a changé, et sans doute les instituteurs exerçaient-ils dans une société présentant plus d’uniformité de pensée, plus d’unité culturelle…

    Le climat scolaire repose souvent sur des petits riens qui font un grand tout !

    C’est d’ailleurs sur ces mêmes petits riens que repose l’autorité (et pas l’autoritarisme !)

    L’accueil de la parole, l’empathie, la clarté, la rigueur, le sens donné aux choses,  l’exigence associée à la bienveillance, le goût de l’effort associé au sens donné et au plaisir de faire …

    Climat scolaire, un parti-pris localOn voit bien que sur ces points, famille et école ont responsabilités partagées!

    Même s’il ne les exclut pas, ce travail ne repose pas sur des actions spectaculaires et médiatiques, mais d’abord sur l’adoption collective d’une posture individuelle… Les actions finissent par s’épuiser et disparaître, la couleur donnée à une école dure si l’équipe se stabilise…

    Ce travail à engager ou à poursuivre ne doit pas occulter un point essentiel : le climat scolaire repose avant tout sur le sentiment donné aux familles et aux élèves du progrès possible !

    Ce point renvoie inévitablement  et prioritairement les équipes au questionnement  pédagogique :

    -  Comment se sentiment d’échec se construit-il ?

    -  Comment améliorer les résultats ?

    -  Quel est l’impact de l’évaluation sur l’estime de soi ?

    - Sous quelle forme cette évaluation pourrait-elle re-prendre sa valeur étymologique de valorisation !

    Je terminerai enfin sur un dernier point, parmi les plus importants dans les problématiques qui nous préoccupent …

    Jacques Lévine[1], en évoquant ses consultations, rapportait que la principale préoccupation de ses petits patients, élèves en souffrance, se situait au niveau des temps les moins investis par les enseignants… la récréation !

    Ces temps et espaces (cour, escaliers, …) sont déterminants tant ils sont la source de conflits entre enfants, entre parents  et enseignants, …

    Le maître, s’il n’y prend garde, peut passer une journée sans adresser la parole directement, personnellement à chacun de ses élèves…

    Donner à chacun le sentiment d’exister aux yeux du maître, faire preuve d’empathie, prendre le temps de l’accueil de la parole pour désamorcer les conflits intérieurs…

    Faire de la récréation, un temps de construction de la règle et un temps d’accueil de la parole !

    Un préalable, accepter l’idée que ce temps de re-création pour les enfants, soit un temps de travail pour les adultes !

    On a d’ailleurs isolé à ce sujet,  des invariants dans les établissements qui réussissent …

    Une cour apaisée se caractériserait souvent par une cour dans laquelle les enseignants se déplacent et parlent avec les élèves…

    Un  parti-pris en 6 points

    1/ L’école René Rucklin, avant de proposer des actions  propres à améliorer le climat scolaire, fait donc le choix de travailler collectivement sur l’adoption personnelle, d’une posture, sur tous ces petits riens dont je disais qu’ils faisaient un grand tout !

    -  l’accueil de la parole,

    -  l’accueil de la différence,

    -  la dignité et le respect,

    -  l’empathie, 

    -  la clarté, 

    -  l’aide,

    -  la communication, 

    2/ Une posture s’appuie sur des actes, si l’on ne veut pas en rester aux déclarations d’intentions !

    Les actions doivent toucher chacun des partenaires en jeu : parents, enfants, enseignants, périscolaire, personnel municipal, …

    Nous faisons donc le choix de nous engager simultanément sur 7 leviers en interactions, sans nous détourner de ce qui doit rester central : la réussite (scolaire), au sens étymologique du terme !

    1.      la violence scolaire et le harcèlement,

    2.      la justice scolaire,

    3.      la pédagogie,

    4.      la coéducation,

    5.      Le partenariat,

    6.      Les locaux,

    7.      Les stratégies d’équipe,

     

    3/ L’équipe s’engage, et attend  en contrepartie, un accompagnement bienveillant de l’institution, essentiellement :

    - en termes de temps de formation pour l’équipe et d’apports de contenus (théoriques, pratiques) , 

    - en termes de moyens humains (rased) sur des projets ciblés…

    Parmi les attentes formulées, une formation à la gestion non violente des conflits… qui pourrait prendre la forme d’un stage d’équipe d’école en N+1.

    4/ Un échéancier

    Parmi toutes les pistes possibles, seules les plus réalistes, atteignables par l’équipe actuelle,  ont été retenues pour une mise en œuvre en N+1…

    On les trouvera surlignées dans la carte heuristique descriptive du projet

    Les autres pistes (non surlignées) ne sont pas abandonnées, mais renvoyées à plus tard, peut-être au prochain projet d’école…

    5/ Un engagement

    Ce projet n’est pas contractuel, il sert de base de négociation avec nos différents partenaires… Certaines pistes pourront être abandonnées, d’autres apparaître en fonction des échanges qu’elles susciteront…

    Le dernier Discut’Café[2] a déjà, grâce à la richesse des échanges, questionné certains de nos projets… Les remises de bulletins en mains propres sont l’occasion d’échanges constructifs avec les familles sur les problématiques d’évaluation… 

    Ce dernier point semble d’ailleurs mobiliser l’équipe : il a provisoirement été écarté parce que jugé très lourd à porter ! Il pourrait être au centre de notre prochain projet d’école, instrument de liberté des équipes !

    6/ Une évaluation

    Les intentions doivent se décliner en actes, les actes doivent produire des effets observables.

    Les effets attendus à longs termes se situent au niveau de la mission essentielle de l’école, la réussite scolaire (à définir) …

    Chacun sait que le climat scolaire n’est pas le seul levier sur lequel il faut agir !

    En attendant, l’équipe se dotera donc d’outils d’observations qui ne pourront pas, dans un tel domaine, exclure totalement ce qui est de l’ordre du ressenti.

    A/ La Gazette de l'école

    Télécharger « Gazette 28.pdf »

    B/ Ce que nous faisons déjà

    Télécharger « Climat Scolaire > Ce que nous faisons déjà.pdf »

    C/ Ce que nous allons faire

    Télécharger « Climat Projet.pdf »

     

     


    [1] Souvenirs lointains de lecture, à vérifier donc…

    [2] Les Discut’Café réunissent parents et enseignants sur de grands sujets éducatifs… 

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