• De la recette à l'échec

    Je crois en la valeur de l'exemple, de la diffusion horizontale de postures pédagogiques,  ...

    En pédagogie comme en cuisine, il faut commencer par appliquer des recettes avant de créer… la cuisine de maman avant la cuisine inventive !

    Et pourtant, assez curieusement, on s'aperçoit vite des limites de l'application de recettes, dès lors qu'elle s'applique aux élèves.

    Alexis est en CM1 et applique mécaniquement les procédures opératoires… Il a appris les algorithmes de résolution !

    Mais dès qu'il rencontre une variation inattendue, échappant à la règle commune, alors il ne sait plus comment faire ! Pire encore, il ne sait pas quand mobiliser ce savoir faire ! Le sens de ce qu'il apprend lui a échappé: on pose une opération, quand on ne peut pas la résoudre plus économiquement !

    Cette absence de flexibilité est renforcée par un enseignement très cloisonné, par séquences isolées: calcul mental, calcul réfléchi, calculs posés, etc...

    Enseignements de recettes dont l'efficacité est évaluée à court terme, dans des exercices évacuant toute incertitude.

    Et si on remettait un peu de complexité… Une série de calculs à résoudre , sans fixer les procédures dans une consigne fermée ?

    La réussite à un exercice ne garantit ni la compréhension ni la transférabilité d'un savoir!

    Alexis n'a pas beaucoup de mémoire, et on peut se demander comment il fera dans 2 ans, quand il aura oublié ces algorithmes difficilement mémorisés !

    Conditionné à l'application de recettes, saura-t-il puiser dans ses ressources pour trouver une solution au problème posé ?

    Enseigner la réussite sans la compréhension, c'est répondre au diktat de la culture du résultat immédiat ! Ces élèves réussissent en 6ème, donnant l'illusion du travail bien fait, et s'écroulent en 4ème !

    Piaget le disait en son temps: réussir et comprendre !

    Comprendre et réussir, un peu plus tard !

    Et s'il y a une recette valable, c'est "Des incertitudes, en tout tu mettras !

     

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