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    Former à la construction puis à la conduite d’une « leçon », c’est bien... Montrer différentes façons de procéder,  pour illustrer des discours, des modèles possibles, pour échapper  aux stéréotypes  ou aux  positions idéologiques, dogmatiques, ...?

     

    Mais former un enseignant, ce n’est pas seulement former à « la transmission d’un savoir » ! 

     

    C’est le former à la vie scolaire, à la réalité sociale des élèves qui nous sont confiés, à la spécificité des espaces d’exercice d’un métier qui devient difficile, à tout ce qui permet dintégrer une pratique individuelle dans un projet collectif.

     

     À l’heure où l’institution met l’accent sur le travail d’équipe, les stages sur le terrain semblent se limiter à des stages de classe, comme si l’école, l’équipe n’existait pas ! Les plans de formation ignorent-ils cette dimension du métier ?

     

    Si le M.A.T oublie de le faire, l’école n’est même pas informée par l’ESPE ou la DSDEN de l’arrivée d’un stagiaire,  alors que  l’enseignant désigné ne devrait pas être seul à  ACCUEILLIR !  

     

    C’est aussi à l’équipe de le faire, dans tout ce qu’elle a de modélisable !

     

    Rien ne semble réellement prévu dans ces temps d’immersion pour que le stagiaire s’intéresse à tout ce qui dépasse la classe, ce qui pourtant détermine une partie non négligeable de la mission d’un professeur des écoles.

     

    Du coup, les nouveaux enseignants commencent  parfois leur carrière avec des représentations erronées qu’il convient de déconstruire , des connaissances bien incomplètes  sur leur espace de travail qui les entraînent quelques-fois à contre-courant de ce que l’institution cherche à développer ! On pourrait ainsi citer les questions de la « liberté pédagogique » , des « droits et des devoirs », de la « perception du rôle de l’équipe et du directeur »,  des « règles déontologiques et éthiques »,  jusqu’à ce qui touche au plus basique, comme la « conception  du rôle des adultes dans une cour d’école », etc  ...

     

    C’est alors aux directeurs(trices) , aux pairs de faire – ou pas -  le job,  sur le terrain !

     

    C’est ainsi que, loi naturelle aidant, l’adaptation se fait – positivement ou négativement - dans la couleur du premier poste.

     

     Pas inutile de rappeler que ce n’est pas une question de qualité des personnes, c’est avant tout une question de formation !

     

    Et si on demandait aux directeurs d’intervenir en formation ? 

    Interviennent-ils seulement dans les formations des ... directeurs ?


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    Hier, chers tweet'amis, suis allé à la remise des palmes académiques, accompagnant comme on dit, un récipiendaire.... 

    La cérémonie s'achevant, une classe d'un village voisin, vint nous offrir en cadeau, 4 chants préparés en classe.

    Enseignant accompagnant à la guitare, enfants  chantant, 

    Enseignant heureux (visiblement ), élèves tout aussi heureux d'être là, fierté des parents ...

    Plaisir partagé entre eux, avec leur maître, avec la salle!

    L'école ça peut être simple comme une chanson offerte à d'autres.

    L'école, plus qu'une volonté de maîtrise illusoire, c'est le plaisir partagé de faire  ensemble: apprendre, découvrir, offrir, ...

    Un moment d'une grande intensité !

    Merci Monsieur l'instituteur!

     


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    Vous l’savez, notre système, comme un balancier, passe d’un dogme à l’autre, opposant par exemple compréhension et par cœur...

     

    La construction d’un savoir, quelque soit le modèle de référence, comporte plusieurs phases...

     

    La phase de construction qui varie selon les références privilégiées par les unes et les autres, de la pédagogie explicite des tenants de la 3ème voie à « l’auto-socio-construction des savoirs » chère aux afficionados du GFEN,  en passant évidemment par le tout transmissif manuelo-compatible ...

     

    Mais toute phase de construction aboutit à une synthèse qui se doit d’être exacte d’un point de vue didactique, et d’une phase d’automatisation qui repose entre autres sur la répétition et la mémorisation ... 

     

    Cette phase est fondamentale, c’est celle qui permettra d’améliorer le traitement exécutif d’une tâche, libérera de l’espace pour une mémoire de travail vite encombrée, facilitera de nouveaux apprentissages.

     

    Certaines disciplines ont besoin de mots et de formules qu’il faut progressivement apprendre, pour ensuite être capable de reformuler efficacement ce qui est appris.

     

    Ces différentes phases étant régulièrement balisées d'évaluations permettant à l'élève de faire le point sur ce qu'il sait...

     

     

     La maîtrise d’un concept est à ce prix.

     

    Bon ce n'est que mon avis... provisoire. Mais une chose est sûre, c'est que l'expérience m' a apporté une chose: la nécessité de résister aux dogmes, d'où qu'ils viennent.


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    Intervenants alignés en rangs d’oignon, 2, 3, 5, 6...

    Public dans les gradins, comme au théâtre, comme à l’université !

    Deux mondes symboliquement éloignés !

    À la table des officiants, des mains croisées, des tapotements de doigts, des regards perdus dans des fiches ou dans le public, à la recherche de visages amis...

    Inquiétude palpable du novice, assurance feinte ou réelle de l’habitué, indifférence de l’occasionnel !

    Souvenirs

    Chacun est conscient de livrer un peu de ce qu’il est ou cherche à ne pas être.

    Souvenirs !

    Ça passe ou ça casse... parfois !
    Le pire de tout, l’indifférence !

    Souvenirs

    Agitations, impatiences, dans la salle...
    Prises de paroles successives d’intervenants sérieux, interventions « pile-poil», chronométrées, efficaces...

    Un maximum d’infos en un temps record.

    Enseignants contents d’avoir pu causer (toujours les mêmes, prévisibles), timides frustrés de n’avoir pu dire, parce que fois d’animal... ils auraient bien aimé, mais bon, devant tant de collègues parfois « jugeants » !

    Spectateur attentif mais désormais silencieux, je m’intéresse à décortiquer les procédés, les stratégies (pédagogiques), précautions oratoires, les réactions dans la salle, la recherche d’équilibre, difficile à trouver, entre bienveillance et autorité !

    Équipe de circo. satisfaite, instits contents de s’en sortir aussi vite, parce que...

    Foi d’instit, y’a les cahiers à corriger pour le lendemain,

    Foi de Directeur, y’a pas l’temps !!!

    M’ouais , m’ouais !

    Perso, je préférais le temps où les directeurs se réunissaient autour d’une table avec l’IEN pour recevoir les informations, mais aussi pour échanger de tout ce qui préoccupait. Bref un temps d’écoute, de partage, de...

    Un temps de rencontre humaine ?

    Mais je suis peut-être le seul ?

    Perso, je préférais les conf péda qui se passaient dans les écoles,...

    Des écoles choisies parce qu’il s’y passait quelque chose, d’innovant, de partageable, de transférable, d’intéressant, de... !

    Mais je suis peut-être le seul ?

    A l’ère du WEB, on n’a jamais aussi peu partagé !

    Nous sommes entrés dans l’ère des amphithéâtres, entre volonté de proximité se traduisant dans le concept d’accompagnement bienveillant et éloignement imposé par le temps qui file !

    On n’a pas le temps ! 


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  • Famille école ...Réprocité

    Bon, bon... Comme toujours le balancier nous pousse vers des extrêmes.

    Accueil, bienveillance, bientraitance,... OK, mais pour tout le monde!

    École ceci, école cela...

    Mais ne faut-il pas, en même temps, remettre du symbolisme et de la réciprocité dans les relations entre l'école, la famille et les élèves.

    Il est des pays où la rentrée est un temps symbolique d'accueil mutuel: rentrée des classes soulignée par une cérémonie d'accueil, bouquet offert par les élèves à leurs maîtresses pour les remercier par avance de tout le temps et des efforts qu'elles vont leur consacrer.

    Une autre conception, ou la même avec réciprocité  ?

     

     


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  • Je ne sais pas si vous avez déjà été membre du jury ou de commission de recrutement (?)

    Perso, ça m'est arrivé, et je n'y suis jamais allé le coeur léger !

    D'abord toujours se demander quelle légitimité à être là ! Quel pouvoir a-t-on sur les autres, sur l'autre. Qu'est-ce qui nous sépare de la personne qui se prête à ce jeu de pouvoir ?

    Mais sachez-le, il y a des pièges redoutables à éviter: l'éclat de rire dès la porte fermée, par exemple, comme si le candidat avait miraculeusement disparu !

    Mais que nenni, le candidat est là, derrière la porte, à se demander ce que signifient ces rires indélicats ! (ça m'est arrivé ;-)

    Le parano pensera que l'on se moque de lui, et une blessure narcissique s'ajoutera à sa longue liste d'humiliations; 

    Le détaché se dira que grâce à lui, ces tristes personnages auront passé un bon moment, et c'est toujours ça de pris ;

    Le distancé se dira qu'après une longue série d'entretiens, à écouter des discours vendeurs et convenus, les gens ont bien le droit de se détendre un peu et que ces rires ne sont que relâchement, que parenthèse joyeuse d'un ennui poisseux et collant à la peau comme chemisette par temps de canicule ;

    L'obsessionnel se demandera encore et encore ce qu'il a bien pu dire de si ridicule pour provoquer ces rires sans doute mérités ;

    Le narcissique pensera définitivement que cette institution ne le mérite pas ;

    Survivre, s'autoprotéger de ce qui blesse ! Chacun ses stratégies !

    Et si on parlait simplement de ... respect ! N'oublions pas que l'on recrute des pairs avec qui l'on devra travailler !

    Il y a des maladresses qui brisent tout en une seconde ! La bienveillance affichée ou voulue! Déséquilibre des rôles, légèreté du nanti opposée au stress de celui qui se présente pour être reçu !

    Alors, toi qui recrutes... fais attention à la porte fermée!

     

     Toi qui recrutes


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    La pensée automatiqueNot'cerveau serait programmé pour faire le moins d'effort possible , histoire d'économiser son carburant!  C'est pas moi qui le dit, c'est un neuro-trouv'tout!

    Si, si... le vôtre aussi! Ne protestez pas , j'vous entends d'ici!

    Enfin, c'est c'que nous expliquait notre IEN hier soir en conf péda ! Et c'est ce que l'on peut lire dans Cerveau & Psycho (de mémoire ... "morale innée ou acquise" ???) revue que je ne saurais trop vous conseiller (suis abonné, mais revue dense pour un instit englué dans son quotidien) .

    Ainsi not' pensée automatique empêcherait d'analyser les problèmes en s'écartant des pensées acquises...

    Bref, pour faire court, difficile d'échapper à ses préjugés, idées confortablement  installées , ... 

    Alors chers et rares tweet'amis, faites fonctionner votre lobe frontal, faites l'effort de remettre en cause votre ... pensée automatique!

    C'est un état d'esprit et un entraînement !

    Sans cet effort, Galilée n'aurait pas découvert que la Terre tourne autour du soleil !

    Et si l'EMC (Éducation Civique et Morale) servait à ça aussi, histoire de former des citoyens éclairés et critiques, y compris envers eux-mêmes!

     

     


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  • Bon, j'sais pas si les polémiques incessantes à propos de l'enseignement de la lecture vous lassent autant que moi !

    En fait j'en ai un peu assez d'entendre les ritournelles re-convoquées régulièrement par des éditorialistes approximatifs.

    Ainsi, à les entendre, il suffirait de changer de méthode de lecture  pour garantir la réussite des élèves, remettre en marche le regretté ascenseur social que perso, fils d'ouvrier dans les années 60, n'ai ma foi pas connu malgré des performances d'élève plutôt correctes... 

    Bon élève, fils d'ouvrier, instit tu seras ! Ben oui, c'était déjà bien, non ?

    Bref, messieurs les éditorialistes tout-puissants et donneurs de leçons , pourfendeurs  (à juste titre) des méthodes globales, apprenez, c'est un comble, à penser global !

    Si ce n'est à penser global, je ne vous ferai pas l'injure de penser que vous n'en êtes pas capables, à "écrire global" sur la question ... Question de précision journalistique !

    Nous utilisons ici une méthode axée sur le code avec des maîtres expérimentés, et malgré tout, le nombre d'élèves en difficulté est préoccupant !

    Parce que, ne vous en déplaise, la méthode n'est qu'un paramètre dans une problématique systémique !

    "J'avais la tête trop pleine de mes problèmes pour apprendre"

    me disait récemment un papa.

    Difficultés langagières, déficit culturel, pauvreté des expériences et construction de l'abstraction difficile, inappétence ,  concentration et agitation, enfants insécures, ...  obstacles augmentés par des situations économiques et socio-affectives qui n'arrangent rien !

     Alors, s'il vous plaît, halte aux discours simplistes, même vendeurs , parce qu'en se focalisant sur une polémique dépassée, on évite de se poser les vraies questions !


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  • Tout est bien compliqué

     

    Il arrive un moment dans une carrière où il faut s'méfier des ressentis. 

    Sont-ils un effet de l'ancienneté, de l'âge (qui va avec) ou traduisent-ils une réalité objective ?

    Mais chers et rares tweet'amis, je trouve que not' école devient bien compliquée!

    À vouloir tout maîtriser, on se perd dans des multitudes de projets et d'objectifs , pensés par des didacticiens académiques loin de la réalité des enseignants polyvalents que sont les P.E.

    5h à préparer par jour, dans toutes les disciplines, avec des multiples niveaux que la suppression des maintiens va généraliser.

    Ainsi nous devrions enseigner chacune des nombreuses disciplines comme les enseignants mono-formés du secondaire devraient le faire !

    Textes ambitieux, objectifs de formation dignes de spécialistes... dans toutes les disciplines!

    Alors ça devient si compliqué, si inaccessible qu'on hésite parfois à faire: musique, arts visuels, EPS, Géographie, ...

    J'me souviens d'une école plus simple, où l'on n'hésitait pas à faire de la peinture, où le manuel de grammaire choisi pour la totalité du parcours élémentaire libérait du temps de conception et  laissait du temps aux enseignants et aux équipes pour penser des projets en prise direct avec les intérêts enfantins: élevages pour travailler sur la reproduction, sortie environnement, fabrication de maquettes du quartier pour se représenter l'espace en faisant de la géométrie, écriture et montage d'une pièce de théâtre, danse avec une compagnie en répétition à la scène nationale de Belfort, ...

    Dans une volonté illusoire de maîtrise , ne risque-t-on pas de perdre les rires et émerveillements  enfantins ? 

    Bien sûr, il faut tenir compte des erreurs du passé et penser la nécessité absolue de structuration des apprentissages, chercher à rendre explicite ce qui est enseigné, ... quelque soit le modèle de référence! 

    La complexité grandissante peine à produire les résultats attendus ! 

    Avoir un haut niveau d'exigence dans quelques domaines, accepter d'être moins ambitieux dans d'autres pour tenir compte de la réalité de la polyvalence. Laisser aux équipes le soin de choisir ces priorités, sans délaisser le reste!

    Le rôle des Conseillers pédagogiques spécialisés (EPS, musique, arts, TICE, ...) ne devrait-il pas consister à rendre ces enseignements ... simples, accessibles au plus grand nombre ! La spécialisation de certains d'entre-nous ne pousse-t-elle pas à la surenchère  ?

    Je sais, je sais....

    J'vous entends d'ici m'opposer les arguments habituels: apprendre n'est pas une partie de plaisir! Il faut accepter l'effort ! Mais qui vous dit le contraire ?

    Plaisir et effort,  découverte et entraînement, recherche et structuration, construction et réception ne sont pas des mots antinomiques !

     

     

     

     

     


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