• L'accueil de la parole, un micro-changement ?J'écrivais récemment que les petites solutions produisaient parfois de grands effets ! C'est aussi ce que j'appelle des micro-changements en pédagogie.

    En écrivant ceci, je pensais à l'un de mes collègues (David pour ne pas le citer) qui surveillait récemment la cour de récréation!

    Un conflit entre deux CE1, enfants réunis, parole donnée à l'un puis à l'autre, tentative de remédiation négociée... 

    Une histoire banale pour un adulte qui pourrait minimiser l'évènement... Une histoire prise au sérieux par ce collègue, qui mesure toute l'importance que peut avoir un conflit enfantin pour les protagonistes! 

    Et surtout , moment éducatif et formateur pour l'apprentissage de la gestion des relations, des émotions et des conflits !

    L'accueil de la parole, un micro-changement ?

    En fait de micro-changement d'attitude, ce fonctionnement ne cache-t-il pas un macro-changement de posture ?

    Cette attitude repose aussi sur l'idée que la contagion horizontale des attitudes est plus productive que de longs discours isolés portant sur la civilité: en mettant en action ces savoirs sociaux régulièrement, David, petit à petit, montre en action, comment se comporter les uns vis à vis des autres!

    Bien mieux qu'un long discours moralisateur!

    Et l'idée que la récréation doit être l'enjeu d'une éducation réfléchie aux relations sociales !

    On pourra à ce sujet lire un article  de Julie Delalande ou regarder le film de Claire Simon

    L'accueil de la parole, un micro-changement ?

     


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  • Les micro-changements

    Vous l'savez, chers et rares twitt'amis (1509 exactement) , je vous ai embarqués avec nous dans une aventure "partenariale" de réflexion autour du règlement des espaces collectifs de l'école... 

    Enfin, partenariale... c'est un grand mot, disons plutôt collaborative !

    On se gargarise de mots "partenariat", "co-éducation" , "réussite scolaire" qui sonnent comme des promesses électorales !

    Je préfère quant à moi la notion de "progrès scolaires" à celle de "réussite scolaire" qui sonne comme une promesse non tenue, source de tous les désenchantements.

    Je préfère parler d'alliance plutôt que de partenariat qui suppose l'égalité des droits ! Et voyez-vous, il ne peut y avoir égalité des droits dans ces questions de règlements dès lors il n'y a pas égalité de responsabilités (civiles et pénales,  sur le sujet qui nous occupe).

    Collaboration... Élèves, enseignants et parents d'élèves réunis pour discuter des espaces de vie collective: cour de récréation, WC , couloirs , escaliers, ...

    Comportements attendus à valoriser, sanctions et réparations, ...

    Droits et devoirs des uns et des autres: enfants, parents et... enseignants!

    Scénario en 4 temps (pour rappel):

    1/ Sensibilisation au problème par publications: La Gazette (journal interne de diffusion de l'information), Journal des familles, Conseil d'école, ...

    2/ Débats conduits dans les classes avec production d'affiches pendant que la cour s'ouvre à l'observation guidée des parents

    3/ Discut'Café réunissant parents, enseignants, RASED, Périscolaire, institution (IEN, CPC, Principale et CPE du collège voisin)  sur le sujet,... 

    4/ Écriture des règlements ce matin, samedi 29 Novembre ... avec les parents d'élèves issus du Discut'Café;

    30 parents sont venus observer une cour de récréation, beaucoup ont demandé une reconduction du dispositif ! Sentiment d'être reconnus , entendus , respectés dans leur rôle de parents ? 

    Un Discut'Café de haute tenue, intégrant pour la première fois des élèves de chaque classe. Visionnage d'un film court réalisé dans une classe montrant un temps de débat en classe, présentation brillante des délégués de classe... incroyablement à l'aise devant des adultes qui n'ont jamais été aussi nombreux!

    Et c'est là où je voulais en venir, chers et rares lecteurs: nos élèves, ce Vendredi, m'ont épaté !

    Un vrai débat, sur un vrai sujet trop souvent délaissé par les enseignants et pourtant central dans la problématique qui nous occupe (climat scolaire) , des divergences exprimées, argumentées, écoutées, ... 

    Ce vendredi fut un moment de ... PLAISIR ! 

    Savez-vous ce qui m'a le plus touché ?

    Ce sont ces sourires de parents attentifs aux propos des élèves, épatés comme moi par leur prestation engagée ...

    C'est cet élève de CM2 venu spontanément vers moi à la sortie de l'école pour ... me remercier des compliments reçus...

    C'est ce papa, tellement fier de son fils, venu me serrer la main de façon appuyée,

    C'est cette maman, la larme à l'oeil de voir son fils si à l'aise dans notre école, l'école de la République !

    L'école de la République !

    Bon je vous en dirai un peu plus, prochainement... sur les effets de notre travail !

    Et vous verrez là encore, que les micro-changements produisent plus d'effets que les actions spectaculaires.

    Je vous en dirai aussi, toutes les limites ... histoire de descendre de nos petits nuages.


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  • Sujet polémique s’il en est ! Mais pourquoi s’interdire les polémiques positives ?

    Je me propose d’ouvrir dans notre école un débat  sur les devoirs (écrits ou non)  à la maison: provoquer le questionnement pour amener au doute pédagogique !

    Devoirs, mais qu'est-ce qu'il faut faire ?

    Interdits ou non ?

    Les devoirs écrits sont-ils réellement interdits ?

     

    Il y aurait eu 6 rappels à l’ordre entre 1956 et 1995. : 62, 64, 71 , 86, 90

    L’arrêté de 1956 est sans équivoque : “Si

     

    « Six heures de classe bien employées constituent un maximum au-delà duquel un supplément de travail soutenu ne peut qu'apporter une fatigue préjudiciable à la santé physique et à l'équilibre nerveux des enfants. Enfin, le travail écrit fait hors de la classe, hors de la présence du maître et dans des conditions matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente qu'un intérêt éducatif limité.          

    En conséquence, aucun devoir écrit, soit obligatoire, soit facultatif, ne sera demandé aux élèves hors de la classe. Cette prescription a un caractère impératif et les inspecteurs départementaux de l'enseignement du premier degré sont invités à veiller à son application     stricte. Libérés des devoirs du soir, les enfants de 7 à 11 ans pourront consacrer plus aisément le temps nécessaire à l'étude des leçons.” 

     

    On peut encore lire dans une  instruction de 71 qu’ "il reste interdit dans l'enseignement élémentaire de donner des travaux écrits à exécuter à la maison ou en étude"

     

    « À la sortie de l'école, le travail donné par les maîtres aux élèves se limite à un travail oral ou à des leçons à apprendre.” 

     

    Mais voilà, selon le Café Pédagogique, "même les IEN ne sauraient plus vraiment  si les devoirs écrits à la maison sont interdits ou non!"

     

    En effet, une circulaire de 94 qui abroge (à vérifier) les précédentes « maintient l’interdiction  au motif qu’il existait, sur le temps scolaire, un temps réservé aux études dirigées et aux devoirs.

     

    Or ce temps, qui n’était pas déterminé dans les programmes de 2002, a complètement disparu des horaires et des programmes de 2008.

     

    Faut-il ou non en déduire que les devoirs qui pouvaient être faits sur le temps d’étude dirigée inclus dans la journée scolaire peuvent l’être sur le temps d’étude qui suit la journée scolaire ?

    Sur le plan réglementaire, la réponse devrait être clarifiée."

    Cela a-t-il été fait ces dernières années ? Je n’en ai pas souvenir !

     

    Pour ou contre , chacun a une idée bien arrêtée sur la question et on trouvera sur le net tout ce qu’il faut pour alimenter cette polémique.

    Force est de constater que les circulaires successives n’ont jamais été appliquées : parents d’élèves et enseignants y resteraient massivement favorables, même si on entend ici ou là quelques voix discordantes !

     

    Je suis pour ma part pédagogiquement favorablesous certaines conditions – aux devoirs du soir. Pour des raisons que je ne développerai pas ici, l’école ne dispose plus du temps nécessaire permettant d'offrir aux enfants qui en ont le plus besoin, l’entraînement indispensable à l’automatisation de certains savoirs

    Plus assez de temps pendant le temps scolaire, il faut trouver du temps ailleurs !

    Même si c’est en contradiction avec tout ce que je pense des rythmes scolaires !

     

    De toute façon, chers et rares lecteurs, je veux échapper à la polémique et prendre acte : les devoirs écrits perdurent ! Les devoirs oraux et les leçons restent autorisés !

    Alors ?

    Comment faire pour que devoirs et leçons ne soient pas aussi discriminants, et éviter qu’ils finissent par pénaliser , un comble, ceux qui ont le plus besoin d’école !

    Renvoyer à la maison une partie du travail scolaire, en sachant que certains enfants ne peuvent avoir aucune aide, (pour mille et une raisons)  c’est les condamner à ne pas faire ce qui paraît pourtant indispensable au maître !

    Cet état de fait devrait donc amener tout enseignant soucieux de chacun de ses élèves  à se questionner sur ses pratiques dans ce domaine.

    Faut-il le rappeler ? Les enfants ne sont pas responsables de leurs parents  qui eux-mêmes ne sont pas toujours responsables de leur incapacité à aider!

    Au-delà de la polémique, je voudrais m’appuyer sur une phrase lourde de sens, perdue dans le verbiage des propositions de socle commun !

     

    « L’école ne doit pas évaluer ce qu’elle n’enseigne pas ! »[1]

     

    Qui peut s’élever contre une prescription marquée d’un tel bon sens ?

    C’est pourtant ce que l’on fait bien souvent, en exigeant des élèves qu’ils sachent leur leçon sans avoir donné de clés méthodologiques 

     

    Apprendre une leçon, ça s’apprend , et ça s’apprend … en classe !

     

    Et même la conduite résolue de cet enseignement ne dispense pas définitivement le maître d’une analyse de ce qu'il propose: la leçon donnée est-elle « apprenable » ?

    - N’est-elle pas trop longue, dans des phrasés trop éloignés de la pratique langagière de nos élèves ?

     - La leçon est-elle porteuse de sens pour l'élève ? Est-elle issue d’une construction en classe ?

    - Est-elle adaptée au niveau d’appropriation de l’écrit de nos élèves en délicatesse avec la lecture ? N’y a-t-il pas d’autre moyens de formaliser un savoir ?

    - Sommes-nous explicites sur les attendus : restitution par cœur ou reformulation ?

     

    On pourrait  mener le même questionnement sur les devoirs écrits !

     

    Des collègues favorables aux devoirs contournent l’opposition parfois virulente de certains de nos parents d’élèves en rendant les devoirs écrits … facultatifs ! Ainsi, plus de problème ! Font ceux qui veulent faire, s’abstiennent   ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas faire! Tout le monde est satisfait !

     

    Le texte de 1956 prévoyait déjà les contournements possibles de ses prescriptions en précisant qu’aucun devoir « facultatif » n’était autorisé !

    On peut comprendre cette stratégie d'évitement, tant il est difficile, dans ce domaine, de résister aux pressions parentales (trop ou trop peu, impossible de satisfaire tout le monde !) , mais peut-on imaginer pratique plus discriminante ?

     

    Si ces entraînements sont jugés indispensables par le maître au point de les proposer le soir après la classe, alors on ne peut se satisfaire de leur côté facultatif.

     

    On ne devrait jamais, dans ce domaine,  confronter les élèves à l’impossible ! Ne devrait-on pas se limiter à un entraînement dans ce que chacun sait faire ? Nécessité donc de différencier là aussi  ?

     

    L’école attend curieusement de la part des élèves, le soir,  une autonomie qu’elle enseigne assez peu dans le cadre de la classe.

     

    Mais, j’ai peut-être tort, et sachez-le, moi aussi je fais parfois le contraire de ce que je dis !

     

    Bon , on pourra toujours relire De Vecchi pour poursuivre cette réflexion, ou encore lire ici une expérience

    Devoirs, mais qu'est-ce qu'il faut faire ?

    http://ecolededemain.wordpress.com/2013/12/09/une-ecole-sattaque-aux-devoirs-et-ameliore-ses-resultats-avec-le-carnet-dapprentissage/

     

    Devoirs, mais qu'est-ce qu'il faut faire ?

    http://www.cndp.fr/bienlire/02-atelier/document/dossier_devoirsmaison.pdf



    [1] De mémoire , donc à contrôler


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  • Empathique ou Sympathique ?L’empathie « cognitive » est une compétence professionnelle recherchée dans le monde du travail.

     

    Les techniques managériales ont bien changé en quelques années. On en sent les prémices dans notre propre système.

     

    L’empathie se distingue de la sympathie !

    Si la sympathie nous place AVEC l’autre, l’empathie nous glisse DANS ce que l’autre ressent pour le comprendre…

    L’empathie ne vise donc pas l’accord, mais la compréhension.

     

    C’est une attitude recherchée, parce qu’elle permet d’induire des gestes professionnels, par exemple dans le pilotage de l'action collective au sein d'une organisation.

     


    Choisir de dire ou de ne pas dire, en prenant en compte ce que nos propos peuvent  produire chez l’autre,  au regard des effets attendus.

     

    Il y a de la stratégie, de l’intentionnalité, du contrôle de soi dans cette compétence.

     

    C’est aussi la capacité  à prendre l’autre en compte dans ses décisions : ce que je décide ici et maintenant, aura-t-il des conséquences pour l’autre ?

     

    Là où ça devient compliqué, c’est qu’il faut pour cela, échapper à ses affects, à son histoire personnelle,  composantes psychiques des ressentis qui vont gouverner nos relations…

     

    L’empathie va permettre de travailler avec tout le monde, y compris avec celui pour qui on n’éprouve pas de … sympathie !

     

    L’empathie, enfin, est à la base de bien des qualités humaines !

     

    « Pourquoi pouvons-nous si facilement renoncer à l’empathie, pourtant si profondément enracinée en chacun de nous : d’où viennent les forces qui nous en éloignent ?

    Pour vivre, il faut apprendre à faire confiance,  à soi, aux autres et au Monde.

    Le capital d’empathie donné à la naissance ne suffit pas, l’empathie s’apprend et a plus que jamais, besoin d’être enseignée. »

    Empathique ou Sympathique ?                 Empathique ou Sympathique ?


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  • SNumérique, entre "pro" et "anti"elon qu'on est "anti" ou "pro" numérique, on diabolise ou on encense ce qui n'est  qu'un outil… 

    Un outil pour le meilleur ou pour le pire!

    Du menuisier à l'enseignant, l'ouvrier sera toujours premier !

    Le numérique restera bien conformiste, si l'on se contente de manuels numériques ou d'exerciseurs ...

    Il ouvrira de fabuleux possibles, si l'enseignant le met au service de la communication (vraie)  et de la création…  

    On parle aujourd'hui de littératie numérique !

    La pédagogie qui  cherche, en cohérence avec des finalités clairement définies,  à identifier des besoins, à formuler des hypothèses sur des scénarios , à se positionner sur le champ de l'apprenant… reste un préalable!

    De l'exerciseur à la capsule vidéo réalisée par des élèves … il y a la place pour tous les types de pratiques, de la plus minimaliste à la plus innovante, de la plus transmissive à la plus "constructive", de la plus pauvre à la plus riche.

    Il peut y avoir une plus-value, mais rien n'est automatique !

     La clé, comme toujours,  une formation pédagogique de base et continue de qualité, avec … cerise sur le gâteau, une formation purement technique parce que , contrairement à ce que l'on pourrait croire, nos pratiques "branchées" privées  ne suffisent aucunement à l'expertise nécessaire !

    Mais ne soyons pas impatients, tout cela se fera… ou ne se fera pas, à coups de formations initiales et continues,  de tentatives individuelles, de projets plus ou moins novateurs, d'efforts de formation personnelle !

    Ce qui sera déterminant, c'est la puissance de l'accompagnement !

     

     


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  • Carte mentale > Règlement

    Télécharger « Carte mentale > Règlement scolaire.pdf »

    et si vous souhaitez en savoir davantage, rendez-vous... ici


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  • J'emprunte, à l'un de mes éminents "tweet'amis" parent d'élève,  sa formule: Faisons des parents des acteurs pour qu'il sortent de leur stéréotype d'usager consommateur"

    De la parole aux actes, bien loin des grands projets innovants qui agitent actuellement la communauté.

    Revenir à l'essentiel, assurer le minimum... Mais l'un n'empêche pas l'autre, surtout pas !

    Histoire de toujours marteler une banalité pas si banale: c'est l'apprentissage qui est premier, et pas l'outil !

     http://larucklin.eklablog.com/discut-cafe-n-1-a112974688Les parents à l'école (2)


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  • "Partenariat" , "Coéducation" , ... on se gargarise de mots! 

    Mots vides de sens... ou lourds de sens, c'est selon!

    Le partenariat suppose l'égalité entre les acteurs (entre parents et enseignants par exemple) , la coéducation nécessite le partage de valeurs communes !

    Peut-on raisonnablement mettre en place un partenariat, alors même que  les valeurs éducatives familiales et scolaires sont parfois si éloignées? 

    Alors sans être aussi ambitieux, nous allons tenter de rapprocher les univers familiaux et scolaires, à travers des opérations de réflexions et de constructions communes.

    L'école place souvent les parents à distance de l'école! Au mieux, on demande un avis, on fait voter un objet fini, réfléchi ailleurs,...  comme le règlement ou le projet d'école!

    À la Rucklin, on va commencer "petit" , on va  tenter d'associer tout le monde à l'élaboration d'un règlement "cour de récréation" ... dans une construction en 5 temps.

    Temps 1: les élèves dans la classe;

    Temps 2: un Discut'Café réunissant (tous les) parents, élèves délégués et enseignants sur ces questions. Occasions pour les uns  de se mettre à la place des autres, histoire d'empathie et de perception de la complexité ! 

    Temps 3: un temps de travail des enseignants et de parents volontaires: écriture d'un règlement positif, valorisant les comportements attendus, prévoyant des sanctions graduées avec des réparations alternatives, des modalités de surveillance et d'accueil de la parole, ...

    Temps 4: Un retour au Discut'Café, pour présentation, avis et modifications...

    Temps 5: le temps de la diffusion, de la vie du règlement, sous des formes à définir: conseils coopératifs ou autres!

    Avant de parler d'égalité, cherchons à partager des valeurs éducatives communes !


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  • Bonnes vacances


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  • Hé bien , chers et rares tweet'amis... je sors de  consultation sur le socle.

    Une consultation de ce type a deux enjeux: 

    > Donner un avis , perdu parmi 100 000 autres;

    > Commencer à s'approprier un texte qui devrait organiser notre travail les années qui suivent ! N'est-ce pas là, d'ailleurs, l'objectif essentiel sous-jacent ?

    Un  constat:

    - 16 personnes réunies , nous avons fait le plein ! 

    - Les binômes constitués la veille ont fonctionné: malgré des délais très courts et la fatigue de fin de période  , chacun avait lu et préparé la présentation d'un domaine! M'ont épaté, mes collègues !

    - Des échanges vraiment constructifs, intéressants, dans un consensus apparent: serions-nous tous d'accord ? Difficile à croire !

    Bon, j'vais pas vous ennuyer avec un compte-rendu exhaustif de tout ce qui a été dit , vous avez sans doute entendu la même chose.

    Vais juste vous livrer ici quelques remarques personnelles, parce que ça m'aide à clarifier ma pensée !

    1/ Je trouve ce socle très verbeux ... surtout pour les domaines 4 et 5 ! Enfin le terme est impropre: on sent les phrases issues d'âpres négociations, parfois les précautions oratoires ("Dans le respect..."), des mots pesés, lourds de sens ... Comme toujours, il faudrait descendre jusqu'à cette analyse! Mais personne ici ne le fera vraiment, pas le temps !

    2/ Une analyse rapide du champ lexicale est par ailleurs éclairante sur les conceptions  pédagogiques sous-jacentes du texte, et sur les orientations voulues pour les pratiques! Bizarre d'ailleurs, ce qui saute aux yeux n'a pas attiré l'attention de maîtres parfois  contempeurs des pratiques induites.

    Au hasard et de mémoire:

    Comprendre, penser, chercher, mémoriser, anticiper, contrôler, faire des liens, s'aider, ...

    Coopération, entraide, autonomie, tâches complexes, culture, connaissances et compétences, projet, explicitations,  ...

    Ayant laissé mes notes à l'école, j'en oublie beaucoup d'autres... Bref, on fait appel à l'élève pensant (et pas seulement appliquant) pour en faire un être pensant !

    3/ Ce socle commun est-il  d'une ambition "raisonnable" ! Certes , on aimerait que chacun de nos élèves devienne ce citoyen éclairé à la fin de sa scolarité obligatoire ! Mais la barre est tellement haute! Jai du mal à imaginer que chacun puisse valider un tel socle!

    Alors j'me dis, comme ça, que l'on confond deux choses:  finalités et objectifs... qui doivent être ambitieux , et  socle commun ... Un socle atteignable par le plus grand nombre ! Un socle minimal ! Je crains sans cela, que l'école ne soit à nouveau montrée du doigt parce qu'elle n'aura pas réussi à atteindre des objectifs .... "inatteignables" pour certains !

    Ne faudrait-il pas au contraire définir les quelques compétences leviers indispensables et évaluables , sans lesquelles on ne peut se débrouiller dans la vie, tout en souhaitant des mises en oeuvre visant  la construction du citoyen éclairé voulu par ces textes ?

    Bref, à être trop ambitieux, ne  risque-t-on pas de se perdre ! Mais on sent bien ici des contradictions indépassables : comment lier une indispensable ambition pour nos élèves, et l'idée d'un socle commun minimal qui pourrait, à l'usage, devenir minimaliste ?

    Il n'en reste pas moins un "énorme" décalage entre ces intentions et la réalité des difficultés observées sur le terrain, ne serait-ce qu'au niveau instrumental : énumérisme grandissant, langue française, ... 

    4/ En l'absence de programmes et de propositions d'évaluations qui seules permettent d'identifier des "niveaux de performances attendues" ... il est difficile de donner un avis sur ce texte. La nécessaire articulation entre ces trois éléments sera fondamentale,  déterminante pour rendre ces textes opérationnels! On peut ajouter à cette exigence d'articulation, la question de la formation ! On parle ici d'une pédagogie d'experts, et si l'on veut se donner les moyens de la réussite ...

    5/ Une évaluation positive , non binaire, avec des niveaux permettant de mesurer des progrès... je "plussoie" of course, tout en ayant conscience de la difficulté et de la lourdeur à laquelle on pourrait arriver! Un tel type d'évaluation est beaucoup plus exigeante pour l'enseignant, en contradiction avec la déclaration d'une volonté d'allègement ! 

    6/ Les domaines 4 et 5 enfin... Ces deux domaines m'énervent, car je n'arrive pas à en percevoir rapidement  le fondement sous-jacent ! 

    7/ Instit de base, j'comprends pas tout, mais enfin ... il me semble bien que dans ce texte on mélange un peu tout ! Que l'on cherche à faire une nation de lecteurs , soit ! Mais la question du goût (de lire) et de l'envie (d'écrire) ne s'apparente pas à une compétence ! 

    8/ Les pratiques induites nécessitent du temps, plus de temps que la transmission de savoirs scolaires implexes! Faire mieux... mais moins! Il faudra considérablement dépoussiérer les programmes qui restent premiers dans la tête des parents... et des enseignants!

    9/ Je finirai par une question: ce socle commun fera-t-il l'objet de déclinaisons (paliers) qui constitueront autant d'étapes à franchir , ou restera-t-il à l'état de finalités ? Bref, aurons-nous des LPC, aurons-nous des documents d'accompagnement ?

    etc... 

     


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