• Direction, référentiel métier

    Ce texte nécessite sans doute une analyse approfondie , tant les mots choisis ont dû être pesés ! Voici mes premières réactions, non dénuées de mes contradictions habituelles sur ce sujet, entre utopie et réalisme. Mais ce n'est qu'un billet du petit matin.

    Direction, référentiel métier

    ...

    «  Oh là, là, pour rien au monde, je ne voudrais être directeur… Toute cette paperasse ! »

    Cette remarque d’un collègue date de la semaine dernière ! Je me suis toujours demandé pourquoi les collègues voyaient (ou ne voulaient voir)  de ce qui n’était jusqu’ici qu’une mission pour un enseignant coordonnateur , sa seule dimension administrative.

    Refus assez général d’une hiérarchie proximale ? Peur de perdre une autonomie créative, cette liberté pédagogique pourtant encadrée par les textes de 2005 ? Le directeur, garant du cadre fixé par l’équipe,  symboliserait-il la prégnance du collectif sur l’individuel ?

    Il n’y a autour de moi, que quelques enseignants devenus directeurs pour ressentir le besoin d’un statut, avec quelques pouvoirs de décision à la clé !

    Avant leur propre mutation professionnelle vers cette fonction, les enseignants sont plutôt massivement contre l’idée d’un statut hiérarchique, j’y suis moi-même plutôt opposé dès que je reprends une position d’adjoint ! Ambiguïté ! Il faut dire que nous travaillons dans de très petites unités, très proches les uns des autres !

    Ce nouveau texte place clairement le directeur au cœur d’un système qui le plonge dans un fonctionnement partenarial déjà largement investi, au prix souvent de sa vie familiale !

    Avec ce « référentiel » , la Direction d’école devient un métier aux contours identifiés , et ça, c’est plutôt positif ! Clarté et transparence donnent une assise plus confortable face à nos partenaires et collègues. L’absence  d’un référentiel permettait jusqu’ici, à chacun, de mettre sur cette fonction, ses propres représentations, à géométrie variable.

    Certains aimeraient bien voir le Directeur faire preuve d’autorité avec une voisine jugée en défaut, mais n’accepteraient pour rien au monde une quelconque remise en cause personnelle ! Contradiction !

    Si un simple directeur administratif arrange bien certains, c’est qu’il permet à chacun de faire comme… il veut ! Individualisme ?

    Et si s’était au groupe , à chacun d’entre nous, d’être garant des décisions collectives ?

    Les compétences du Directeur y sont déclinées, les tâches définies, les responsabilités  précisées, … Il anime et impulse la vie pédagogique de l’école, gère les tensions, pilote, organise, répartit les moyens, assure la sécurité, veille au contrôle des présences, favorise les relations avec les familles et les partenaires, il facilite, encourage, impulse, …

    Il veille à, s’assure que, vérifie que, contrôle, arrête … Prérogatives précisées, et élargies ?

    Ce référentiel décrit finalement ce que nous sommes déjà tous conduits à faire ! Presque tout , sur la base des usages ou en référence à des textes existants ! Si les prérogatives que nous exercions déjà y sont déclinées et précisées, certaines d’entre elles n’étaient-elles pas  toutefois réservées jusqu’ici aux IEN ? Ainsi il « s ‘assure des conditions nécessaires à la progression et à l’évaluation des élèves de l’école au plan collectif et individuel ».

    Bref , le Directeur en devenant un cadre multicartes , réunit à lui tout seul les compétences d’une équipe de Direction de collège ! Il intervient sur les mêmes champs de compétences systémiques qu’un principal, échelle en moins, tout en restant pédagogue et didacticien!

    Cela demande  un large temps dédié, et une demi-journée supplémentaire de décharge ne suffira pas !

    Il y a actuellement , me semble-t-il, une crise de « vocation »  pour une mission perçue comme dévoreuse de temps et accablante de responsabilités, plaçant ses acteurs dans une double insatisfaction : le sentiment de ne faire bien, ni la classe ni sa direction. Pourquoi les élèves du Directeur auraient-ils un maître moins disponible que les autres ? Pourquoi le Directeur est-il bien souvent obligé de choisir entre sa classe et l’école ?

    La formation évoquée avec le tutorat d’un pair expérimenté  constituera sans doute  un progrès, on ne s’improvise pas Directeur quand on veut dépasser la simple gestion administrative !

    Peut-on piloter une école, sans avoir quelques pouvoirs de décision sur son fonctionnement ? Collaborer, partager les décisions … Certes , mais quand un consensus positif ne se dégage pas, il y a bien un moment où il faut que quelqu’un tranche.

    Trop de flou était contreproductif ! Les difficultés liées à l’organisation des temps de service des enseignants est un bon exemple parmi d’autres  de ce que l’absence de prérogatives (108h) produit comme pertes de temps qui finissent par lasser du travail collectif !

    Les uns verront là une évolution vers un statut (hiérarchique) qui ne dit pas son nom , d’autres une avancée insuffisante vers un statut de chef d’établissement.

     Perso, je reste attaché à une direction collaborative, le directeur étant alors  garant de l’application des décisions collectives, à condition que le collectif reste dans le cadre institutionnel que bien des jeunes collègues connaissent très imparfaitement!

    Ce référentiel métier est là aussi, sans doute,  pour sélectionner les candidats à la fonction ! Encore faudrait-il qu’il y ait suffisamment de candidats !

    Mais au fait, pourquoi n’y a-t-il pas plus de candidats ?

     

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