• Du pédantisme au vocabulaire professionnel...

     à lire ou à relire...

    Enseigner, c'est créer les conditions de l'apprentissage pour tous...

     

    Suffit-il de transmettre un savoir avec clarté - c'est le minimum, et c’est déjà bien compliqué - pour que les choses se fassent?

     

    Bon, c'est une banalité... mieux vaut une transmission claire, explicite, des savoirs bien décortiqués et ordonnés du simple au complexe qu'enseigner la confusion, la déstructuration ou encore des savoirs mal identifiés ! Action n'est pas réflexion !

     

    Mais les choses ne sont pas aussi simples que ça, et le faible niveau de performances de nos élèves dans la réalisation de tâches complexes aux tests PISA est là pour nous le rappeler : il ne suffit pas de maîtriser indépendamment les uns des autres, les savoirs constitutifs d’une compétence pour réussir ! Il y a là, quelque chose de plus complexe à enseigner qui est de l’ordre de capacités procédurales, souvent diversement investies, construites, mises en œuvre selon les individus et leur histoire.

     "Ma méthode est la bonne, j'ai appris comme ça... S'il ne parvient pas à apprendre avec cette méthode, c'est qu'il n'est pas fait pour les mathématiques."

     Ah qu'il est difficile d'échapper à l'élève présent en chacun d'entre-nous! Qu’il est difficile d’imaginer que l’autre peut être différent !

     

    Apprendre nécessite une réappropriation du discours de l'adulte, aussi clair soit-il, et nul ne peut maîtriser ce qui se passe dans la tête de l'élève, sujet singulier...

    Échapper à l'élève que l'on a été...Alors enseigner, c'est remplir une double exigence: avoir une idée de la façon dont un savoir peut se construire et donc des obstacles auxquels il faut s'attendre, mais c’est aussi prendre en compte l'élève, sujet singulier… pour tenter d’identifier, les obstacles qu’il bâtit lui-même, à notre insu, sur le chemin de la construction du savoir.

    Il est devenu de bon ton – moderne - de railler le pédantisme pédagogique, en mettant souvent en avant quelques excès marginaux et datés, voire imaginaires (outils scripteurs pour stylos, référent rebondissant aléatoire pour ballon, ..).

    Mais ne confondons pas ces excès ridicules ou provocateurs avec le confort que représente le vocabulaire professionnel : il vise l’économie du propos tout en nécessitant, c’est vrai, connivence… C’est la rançon de la clarté, sans laquelle on ne peut identifier ce qu’il y a à apprendre et à enseigner !

    Non, lire ne se réduit pas à reconnaître et à fusionner des lettres apprises par quelque moyen que ce soit, lire impose de mettre en œuvre des processus complexes que neurologues, psychologues, linguistes … contribuent à éclairer, sans doute provisoirement. L’explication de ces processus nécessite la mise en mots - identifier, assembler, adresser… - dans des termes qui organisent l'investigation de la difficulté , la recherche de pistes de prévention ou de remédiation.

    La fréquentation des élèves en très grande difficulté oblige à l’abandon de la toute puissance, pousse à investir des zones inconfortables, celles de l’incertitude, du doute, du questionnement, de la … COMPLEXITE !

    Alors sus au simplisme démagogique, vivent la clarté et la simplicité qui passent par la précision du vocabulaire (qui me fait souvent défaut , mais je ne suis qu'un acteur de terrain!).

    Avec modération, bien sûr… et en contexte ! .            

    « HANDBALL et ORTHOGRAPHE , même combatCompétences par ci, compétences par là ... (1) »

  • Commentaires

    1
    sol5
    Jeudi 1er Août 2013 à 10:59

    Moi j'aime bien outils scripteurs... En Maternelle, on ne se limite pas au stylo, donc c'est sacrément un raccourci que ce jargon pour ne pas donner toute la liste ! ;)

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :