• Explicite par ci, explicite par là !

    La pédagogie est traversée depuis quelques années par un mot qui fait, semble-t-il, l'unanimité, de nos inspections départementales à nos salles des maîtres.

    Point de salut sans péda explicite... L'avenir sera explicite ou ne sera point! Bon soyons clair, mieux vaut être explicite que confus et implicite.

    Difficile pourtant de s'y retrouver: de quoi parlons-nous ? 

    Du cognitivisme piagétien, de la clarté cognitive de Fijalkow et Downing, en passant par l'entretien d'explicitation de P Vermersh  et jusqu'au modelage proposé par B. Rosenshine, "père de l'enseignement explicite" (la 3ème voie en France) , ce mot renvoie à des réalités bien différentes.

    L'usage indéterminé du mot entretient une ambiguité que personne ne cherche réellement à lever dans nos formations.

    Perso, j'suis pas chercheur, juste observateur de mon quotidien fait essentiellement de la fréquentation des élèves en difficulté, et je constate toujours la même chose: mes élèves en difficulté ne mettent pas leur pensée au service des apprentissages.

    Et du coup j'ai une hypothèse, qui n'est qu'une hypothèse pragmatique et peu sérieuse, puisque c'est celle d'un artisan du quotidien. Pas de chercheur pour appuyer mes thèses, pas de statut pour leur donner un peu de crédibilité !

    Certains de mes élèves ne mettent pas leur pensée au service des apprentissages parce qu'ils ne s'autorisent pas à penser, et d'autres parce qu'ils sont empêchés de penser par une vie personnelle trop perturbée (enfants insécures).

    Les premiers n'ont pas eu la chance de voir leur pensée accueillie comme quelque chose qui porte du sens pour autrui , et les seconds, aucun modèle ne les aidera si on ne prend pas le temps chaque matin pour dégoupiller la charge émotionnelle ! La solution n'est pas didactique !

    La pensée enfantine n'est pas la pensée de l'adulte, elle est imature, traversée de représentations provisoires, elle se construit irrégulièrement, par avancées brutales, et pas dans un continuum qui satisferait tant des conceptions rassurantes. N'est-ce pas là d'ailleurs, une erreur du constructivisme?

    L'adulte se montrant pensant, dans des contenus savamment organisés du simple au complexe, est-il susceptible de provoquer davantage la mise en oeuvre de la pensée de ces élèves ? 

    Rien n'est moins sûr !

     

     

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