• Investigation...

    Investigation...Accrochez-vous mes amis!     

    je vais essayer de remonter avec vous, du constat à la source de la difficulté, histoire d'illustrer une démarche d'investigation.

    Bon, comme toujours, on parlera ici d'hypothèses... et d'interprétations étayées.

     

    Le constat : Quand on lui demande de montrer "6" avec les doigts, elle montre ses deux pouces; 

    Quand on lui demande de montrer "8" avec les doigts, elle montre trois doigts d'une main + le pouce de l'autre main. Dans ses cahiers, on retrouvera pour le même nombre, les écritures 13, 8, 7, 9, 31 .... 

     

    Investigation: Dans quel cadre a-t-elle appris? 

    Investigation...

    Son enseignant, dans un souci louable de clarté, a proposé de nombreuses manipulations , passant de représentations réalistes puis schématiques aux écritures symboliques, mathématiques. Elle s'est appuyée sur le matériel Picbille et a, en particulier, utilisé les boîtes Picbille. 

     

    Interprétation - hypothèse 

    Hélène s'est constuit une représention du nombre "8" non dénuée de Investigation...logique: 1 boîte fermée et 3 billes donneront  un pouce d'une main et trois doigts de l'autre. 8 s'écrira donc 13.

    On imagine les erreurs induites dans le fichier d'exercices! 

     

    Analyse: 

    L'identification de l'obstacle aura nécessité une observation fine - dans l'action - que seul le petit groupe permet. Ces élèves mettent en effet souvent en oeuvre des procédures instables, difficiles à isoler et à identifier, d'autant plus difficiles dans le cadre collectif de la classe (Difficile au-delà de 4 élèves! à moins d'avoir développé un sentiment de toute puissance!) 

     

    Remédiation 

    La déconstruction de cette "représentation" faisant obstacle aux apprentissages aura été, ensuite, assez facile.

    Elle est passée, dans un cadre voulu interactif - socio-constructif diront certains - par l'identification, la prise de conscience et la compréhension de l'erreur, la reconstruction puis l'entraînement.

    Ce n'est malheureusement pas toujours aussi transparent - ce n'est d'ailleurs pas le seul obstacle constaté dans le cas d'hélène - l'investigation est souvent beaucoup plus "exigeante".

     

     

    Aider, ... c'est tenter d'entrer dans la "boîte noire" de l'élève pour chercher à comprendre comment il s'accapare de ce qui lui est proposé. Quelle que soit la démarche du maître, malgré toutes les précautions prises, malgré un souci didactique évident dans ce cas précis, c'est l'élève qui, au final, construit son savoir : personne ne peut alors maîtriser les processus mis en oeuvre.

    Aider, c'est quitter des certitudes "didactiques" rassurantes pour aller sur le champ de l'élève....

    C'est, je crois, en partie dans cette double compétence - la connaissance didactique et la capacité à se soucier des processus de construction mis en place par l'élève singulier - que se situe notre professionnalité.

     

    Si tout le monde peut transmettre un discours, enseigner, ... c'est un métier!  

    Un autre exemple d'investigation appliquée à la lecture: ici

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 8 Mai 2013 à 15:17

    Bonjour! Ton article me fait penser à une chose vécue en AP maths hier:

    POur rebrasser tout en numération avec des élèves en difficulté dans ce domaine, je commence par leur donner des étiquettes-nombres, et on les nomme, en se référant au besoin aux outils... Puis on pioche  nombres, on cherche le plus grand, on justifie, on vérifie avec le tableau des nombres... Puis on range les nombres dans l'ordre au fur et à mesure qu'on les pioche. 

    Bref, voilà l'exercice. Et bien sur cette séance, je me rends compte que j'ai:

    -une élève qui n'a pas compris la permanence (une main=5doigts, une boite qui contient 4 billes, si je n'y touche pas, 2 minutes après elle en a toujours 4). Cette même élève qui passe justement 10 secondes à compter ces 4 billes. A l'écrit, le fait qu'après 63 c'est 64 ne s'installe pas alors qu'à l'oral ça marche.

    - une autre élève qui ne parvient pas à me dire entre 76 et 79, qui est le plus grand. On décomplexifie avec 6 et 9, idem. Je fais une tour de 6, une autre de 9, idem... le plus, le moins, pas d'effet. 

    Et bien là, la séance était finie, et j'en suis sortie plus perdue qu'elles!

    Qu'ai-je fait pendant un an?
    Comment construire ces notions?
    Etait-ce la ressemblance entre  les nombres (confusion 4/7 dans le premier cas, 6/9 dans le 2ème)

    Bref, je me suis vraiment sentie seule et démunie devant ces louloutes... La boite noire, je n'ai pas réussi à y entrer! Je pensais qu'en avançant dans l'année, le rebrassage des notions permettrait de dépasser ces difficultés, mais je me suis vraiment loupée.

    2
    Dimanche 12 Mai 2013 à 17:16

    J'ai eu le même sentiment en mai de l'an dernier quand mes élèves (avec qui j'avais travaillé toutes les additins et  soustractions < 100) n'ont pas su me dire combien de dizaines et combien d'unités contenait 75 par exemple! ça remet en question l'utilité de tout ce qu'on a vu auparavant....

    3
    Vendredi 24 Mai 2013 à 21:40

    Suite de mon histoire...Après moult réflexions sans conclusion, consultation de collègues, réseau...sans idée, j'ai retesté: entre 2 et 9, avec des cubes, en tas ou empilés--> aucun résultat. Les notions de + petit et + grand, plus gros ne sont pas acquises chez cette élève sans problème apparent de langage par ailleurs. Il a fallu passer par la métaphore pour amorcer le travail, et symboliser, conceptualiser de plus en plus pour arriver à une (peut-être?) compréhension. 

    POur un tas de cubes, le crocodile qui veut manger beaucoup choisissait bien le bon tas, et pour les piles, il a fallu les personnifier avec les prénoms des petite et grande soeurs de mon élève (qui est Lola, qui est Hilona?).
    De ces réussites, l'élève a petit à petit compris ce que représentaient les mots de la comparaison. Elle se sert maintenant de la bande numérique pour comparer, mais ayant une bonne connaissance des nombres (quantité), j'ai bon espoir qu'elle surmonte sa difficulté!

    Reste quand même une question: Comment, à 7 ans, pouvait-elle ignorer le sens de ces mots?

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