• L'école, une usine à gaz ?

    Une usine à gazL'école est-elle devenue une usine à gaz ?

    Amis lecteurs, vous l'savez, j'viens de r'prendre une direction d'école classée RRS, et j'me demande si tous mes diplômes professionnels pourtant nombreux me seront bien utiles !

    Peut-être eut-il été préférable de passer un diplôme de gazier, de souffleur de vent ou encore de discoureur de l'inutile.

    Petit à petit, j'prends connaissance des documents institutionnels en cours dans l'École actuelle... Projet d'école, Fiches Actions N° 1, 2, 3 et 4,  Projet maître surnuméraire, projet RRS  , Projet éducatif local, Partenariats... Sans oublier toutes les grilles de contrôle des heures réalisées, des fois que les nécessités nous emmèneraient bien loin des projets pensés ailleurs.

    La pensée et les problématiques étant par nature systémiques, il faut, of course, que tous ces projets soient en lien, en cohérence... J'me demande d'ailleurs qui, à part le directeur, peut avoir une représentation claire des interactions et des logiques internes qui relient tous ces projets et tous ces outils? Carte heuristique, au secours !

    Déclarations d'intentions qui bien souvent ne dépassent pas l'intention, par excès d'ambition mais surtout par manque de temps. Ben oui, personne veut d'ennuis, alors on répond, on écrit, on remplit, ... tout en redoutant de ne pas y arriver !

    La conséquence: un empilement de projets qui mobilisent déraisonnablement les équipes ! Qui osera dire qu'une partie non négligeable de ces projets ne revoient le soleil qu'au gré des inspections, qui bien souvent oublient totalement de les évoquer! Comment un acteur extérieur pourrait-il d'ailleurs prendre la mesure de ce qui se passe dans une équipe, au-delà de ce qui est donné à voir !

    Faire peu, mais faire bien ! Rendre aux équipes la liberté de choisir un axe prioritaire, issu de l'analyse des besoins... faisable, réaliste! Aller au bout de la réflexion, construire patiemment une compétence partagée, faire des essais et des erreurs, ajuster progressivement, bénéficier d'un accompagnement bienveillant... et ne pas se satisfaire de projets bien rédigés, vitrines illusoires d'une école sérieuse.

    Bref, quand la rédaction des projets ne laisse plus le temps de la mise en musique, quand la forme prend le pas sur le fond, alors... on fait fausse route.

    La preuve ? Tous ces dispositifs qui se sont multipliés dans le premier degré, n'ont visiblement pas amélioré les résultats qui continuent de baisser !

    Amis IEN, cessez de vous préoccupez de la forme initiale des projets, et accompagnez plutôt leur mise en musique ! Sinon le serpent continuera de se mordre la queue !

    Et pourtant, croyez-moi, je suis un partisan du projet partagé et du travail en équipe ! Mais trop, c'est trop !

    Bon, suis de mauvaise humeur aujourd'hui! Suis en quête d'authenticité! 

    « Cérémonie de passage »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 26 Juin 2013 à 14:14

    "Qui osera dire qu'une partie non négligeable de ces projets ne revoient le soleil qu'au gré des inspections" Comme cela est vrai ! Et si on arretait le quantitatif pour faire du qualitatif !

    Seulement voila, à la fin de l'année scolaire il faut présenter tous les projets "réalisés" au dernier conseil d'école (compte rendu envoyé à l'inspection). Alors c'est la course à qui en aura le plus à son actif ... Cochons les cases, cochons les cases on a l'impression d'être efficace ??? ... Heureusement que certains se soucient plus de mener à bien de véritables projets plutôt que de se faire bien voir en haut lieu en brassant un maximum d'air. Malheureusement l'époque est bien plus à la forme qu'au fond ... Il suffit d'écouter les discours du ministre ... Beaucoup de com et bien peu de fond !

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