• La confrontation aux personnalités

    On n’a jamais autant parlé d’équipe que depuis ces quelques dernières années, alors même que l’individualisme n’a jamais été aussi présent dans notre société. Les enseignants n’y échappent pas. La « liberté pédagogique » qui avait à peu près disparu des discussions de salles des maîtres revient en force, sans doute sous l’effet conjugué de l’individualisme et des tentatives récentes pour la restreindre (G. de Robien et les méthodes de lecture, ministre de l’Éducation Nationale  2005-2007) !

    Les aléas du mouvement réunissent sous un même toit des personnalités très diverses.

    Si l’alchimie prend parfois sans qu’il soit nécessaire d’y travailler, c’est bien souvent sur des bases affectives et non professionnelles que les relations se construisent au sein du groupe. 

    Quand les affects gouvernent le groupe, alors toutes les dérives et tous les conflits sont possibles.

    Je reprends à C. Rhein, sa métaphore du crayon pour attirer votre attention sur la complexité de nos petits groupes d’adultes. 

     

    C’est une caricature bien sûr , une banalité sans doute : il manque à cette représentation bien des composantes qui influeront la marche du groupe ! Sachez-le , chacun d’entre-nous peut investir tour à tour l’un ou l’autre rôle : l’essentiel est d’en prendre conscience pour se corriger le moment venu.

    La confrontation aux personnalités

    Le maître d’école doit chercher à bien se connaître pour échapper à l’élève qu’il a été : on a tendance souvent à enseigner comme on a appris, pensant que ce qui a marché pour soi doit marcher pour les autres ! C’est ce que l’on véhicule souvent comme valeur consciente ou inconsciente dans la classe…

    « J’ai réussi parce que j’ai beaucoup travaillé ! »

    De là à mettre la « valeur travail » et sa valeur corrélée « le mérite » comme seules réponse à la difficulté repérée, il n’y a qu’un pas  qui entraîne bien vite l’enseignant à déplacer le curseur de la responsabilité de l’échec vers l’élève ou sa famille, sans chercher à comprendre. Il faut parfois dépasser ce qui est un constat – il ne travaille pas - pour aller vers les causes ! La remédiation est à ce prix , et l’on verra la plupart du temps que les solutions sont à chercher dans une « alliance » entre chacun des sommets du triangle éducatif : la famille, l’enfant, l’école !

    Se connaître soi-même, pour aller  sur le champ de l’élève, de l’enfant parfois,  pour comprendre  l’obstacle auquel il se heurte ! Il n’y a pas une façon d’apprendre, un seul processus, une seule procédure ! Il arrive même que la procédure enseignée  calquée sur celle de l’adulte pourtant expert soit contreproductive…

    Le directeur est confronté à la même difficulté : il ne peut construire son projet sans prendre en compte la réalité des personnes qui l’entourent : les types de personnalités, les motivations personnelles, les représentations, les modes de pensées, les projets personnels…

    Cette dimension du groupe, si elle est prise en compte,  ne peut-elle pas, par ailleurs, constituer une richesse : s’enrichir de la diversité , accepter la frustration du NON opposé par ses collègues, aller sur le champ de l’autre pour comprendre ses freins, ses réticences, remettre au centre du fonctionnement l’empathie…

    Mais attention, empathie n’est pas sympathie !

    Si l’empathie consiste à aller sur le champ de l’autre pour en comprendre les sentiments, la sympathie conduit à prendre fait et cause pour l’autre, indépendamment des intérêts supérieurs : l’éthique, le principe, l’intérêt du groupe, l’intérêt des élèves, …

    L’empathie permet la construction d’un cadre partagé, la sympathie conduit aux luttes d’influences, à la communication souterraine, … Les décisions du groupe prises sous son emprise risquent alors d’échapper à ce qui doit nous réunir – les principes -  pour aller sur des dilemmes de personnes. Les clans ne sont pas loin !

    La métaphore du crayon est finalement une façon bien pessimiste de voir les choses: le rôle du directeur ne consiste-t-il pas à chercher à mobiliser ce que chacun est en mesure d'apporter au groupe!

    Nous sommes tous différents, c’est à la fois fantastique et compliqué !

    Un équilibre à trouver : le directeur doit être attentif à ce que chacun trouve SA place au sein du groupe !

    L’empathie, comme instrument professionnel, l’une des valeurs à partager ?

     

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