• la "difficulté scolaire" n'est pas une maladie

    la "difficulté scolaire" n'est pas une maladieUn enfant n'apprend pas à lire au CP, redoublement et HOP, ....  on l'envoie illico au CMPP, chez le psychomotricien, le rééducateur ou chez l'orthophoniste, ce professionnel qui ferait bien d'enseigner puisqu'il est sensé résoudre toutes les difficultés d'apprentissage ! Arrêtons de former des enseignants, formons des orthophonistes!

    La difficulté scolaire n'est pas une maladie ! Cessons de la traiter comme un symptôme! Nous avions en juin 2013, parmi nos CP, plus d'une dizaine d'enfants qui n'ont pas atteint un niveau de performance suffisant en matière d'ECRIT (lecture écriture) pour prétendre à un CE1... 

    Difficile de faire redoubler plus de 10 CP ! Alors nous avons décidé de prolonger cet apprentissage sur deux ans !

    Certains avaient déjà progressé pendant les vacances d'été , d'autres ont mis un peu plus de temps ! Cette deuxième année va se terminer dans quelques mois, et tous ces élèves savent maintenant lire!

    L'école a été mise en place à la fin du XIXème siècle, à une époque où l'on pensait que tous les enfants d'une même tranche d'âge avaient le même degré de maturité, que tous les enfants apprenaient au même rythme !

    Puissance du mythe, notre école fonctionne toujours sur cette idée que la réalité dément chaque jour... Jamais nos classes n'ont été aussi hétérogènes !

    Il est assez curieux de voir comment notre société accepte l'idée de la différence voire de la sélection en sport - tout le monde ne peut pas être un champion - mais la nie dès qu'il s'agit d'intellect : tout le monde au bac !

    Hé bien moi, chers twit'amis, je prends le risque d'être réac, mais je crois que cette idée généreuse produit de l'échec et de la souffrance , empêche le progrès individuel!

    Tous les enfants n'apprennent pas au même moment, ni à la même vitesse, ni aussi bien ! Acceptons cette différence , ne promettons pas la Lune et cessons d'uniformiser ce qui ne peut l'être !

    "Réussir" Provient du mot italien "Uscita" ... issue , sortie !

    Promettre la réussite, c'est assurer à chacun qu'il sortira de sa condition,  avec un projet propre qui fera de lui un citoyen libre et heureux ! Et c'est pas nécessairement un bachelier !

    « Pas de miracle pour la lectureLe plaisir d'apprendre »

  • Commentaires

    1
    Nanette
    Jeudi 29 Mai 2014 à 22:41
    Bonsoir! Vous parlez de 10 CP mais sur combien en tout ?
    2
    Vendredi 30 Mai 2014 à 00:03

    C'est marrant, je me suis fait la même réflexion... Mais dans l'autre sens !
    Qui est ce "on" qui envoie illico l'enfant chez le rééducateur, le psychomot', l'ortho ? Nan parce que moi, orthophoniste débordée, surchargée, désemparée face à la demande croissante, je ne sais plus que répondre à ces parents si inquiets, à qui "on" a dit qu'il fallait ab-so-lu-ment un rendez-vous en urgence, parce que "il confond les lettres, il ne sait toujours pas lire, il n'a pas le niveau pour entrer au CE1" ! L'inquiétude est légitime, mais la demande... Un peu moins. A mon humble avis, bien sûr. Arrêtons de former des orthophonistes, formons des répétiteurs ! Du soutien scolaire, du vrai, du pas remboursé par la sécu, chiche ? Et RIP les RASED...

    3
    Vendredi 30 Mai 2014 à 06:05

    Dans un sens ou dans un autre, nous disons la même chose !

    4
    tikinui
    Vendredi 30 Mai 2014 à 09:46
    "La maîtresse a dit qu'il faut faire un bilan orthophonique et c'est urgent! Et elle veut le compte rendu! " scène jouée et rejouée à maintes reprises dans mon bureau d orthophoniste saturée de demandes. Ma requête serait formons de vraaais enseignants avec une vraaaaie formation et non un erzatz de formation comme cela se pratique depuis trop longtemps et arrêtons d appeler les orthos au secours dès que le bambin fait un S à l envers en petite section de maternelle (car si si on rentre dans l ecrit en PSM de nos jours, sideration d une ortho quelque peu désabusée)
    5
    Nanette
    Vendredi 30 Mai 2014 à 10:02
    C'est vrai que je trouve un peu "pratique" de tirer sur les orthos :-) si on parlait du contenu de la formation initiale des professeurs des écoles et des méthodes pédagogiques utilisées en classe ?
    6
    Vendredi 30 Mai 2014 à 11:51
    Jyaire

    Merci pour cet article. Bien d'accord avec le commentaire de Sécotine, en ajoutant qu'on doit aussi ajouter les parents dans le coup. Combien de parents n'osent pas reprendre leur enfant sur des erreurs simples de prononciation, de confusion graphique ? de peur de le stigmatiser, alors que dans la plupart des cas légers, une reprise régulière (oui, une répétition), suffit à améliorer la production orale ou écrite.

    Deuxième chose, en classe, cette fois, donner aussi aux enfants les moyens de comprendre qu'ils se trompent. Un enfant qui écrit "falise" ne peut pas savoir qu'il a faux s'il chuchote, puisque valise et falise produisent le même son à voix basse... Encourageons aussi la production pour la publication, afin de ne pas avoir le seul enseignant comme "juge" de l'écrit... Voilà mes petits avis du matin ;-)

    7
    Elo
    Vendredi 30 Mai 2014 à 15:42

    Ah !!  un peu de bon sens et de place pour la subjectivité d chacun !!  Et je sais de quoi je parle, les demandes de " normalisation" me fatigue....je suis psy mais je survie !!!!

    8
    Vendredi 30 Mai 2014 à 17:53

    Holà, calmons-nous... surtout que nous disons exactement la même chose. Ce qui est "dénoncé" dans ce billet , c'est une externalisation précoce de la difficulté par les enseignants ! Le sujet sousjacent c'est la différenciation qu'une inévitable hétérogénéité impose et la capacité des enseignants (qui pose en effet le problème de la formation) à mettre des hypothèses sur des besoins... Je n'y parle pas des ortho et de leurs pratiques  , mais de recours trop systématiques à des personnels spécialisés alors même que les remédiations n'ont pas eu le temps de se mettre en place à l'école ! Il me semblait que c'était clair ?

    9
    Vendredi 30 Mai 2014 à 17:59

    J'ajouterai enfin que le deuxième sujet sousjacent c'est l'acceptation de la différence , qui seule permet d'envisager une aide efficace , surtout quand les difficultés sont singulières !

    10
    querida
    Dimanche 1er Juin 2014 à 19:42

    J'arrive ici par hasard et je sens comme une opposition ortho/PE. L'idée ne serait-elle pas pourtant que les enfants réussissent à s'épanouir en avançant dans l'écrit et sa compréhension...? Et ce quels que soient les moyens...

    Et pour "Direction", l'idée de poursuivre l'apprentissage de la lecture au CE1 est bonne, évidemment, sauf que, je m'interroge ... une fois que l'on a accepté la différence, que fait-on en CE1 des 9 CP qui ont appris à lire (et qui voudraient bien avancer parce qu'ils s'ennuient) pendant que les 10 CP moins matures, moins accompagnés à la maison... poursuivent plus ou moins laborieusement l'apprentissage de la lecture? (quand en plus, on a le privilège d'avoir un CE1/CE2)?

    C'est une question sans agressivité aucune, je voudrais vraiment savoir.

    Notre IA souhaite renforcer l'individualisation des parcours pour 2014-2015 et là je  m'inquiète... comment faire pour que chacun y trouve son compte, que la classe garde un calme relatif, que la maitresse parvienne à dégager quelques heures pour dormir et arriver à l'école fraiche et dispose pour donner à chacun l'attention qu'il mérite? Je sèche...

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