• Le niveau baisse...

     

    Le niveau baisse...

     

     

    Cette fois ci... c'est vrai

     

    Ce n'est pas moi qui le dis, c'est un article du monde daté du 20 février 2013... et il s'appuie sur les enquêtes Pirls et Pisa

     

    "Le dernier numéro (décembre 2012) d'Education et formations, la revue de la direction de l'évaluation du ministère, présente une étude sur le niveau en lecture en 1997 et 2007 : la proportion d'élèves en difficulté est passée de 14,9 %, à 19 %, soit une augmentation d'un tiers."

    Si "la maîtrise des mécanismes de base de la lecture reste stable de 1997 à 2007, en revanche, les compétences langagières se dégradent et cette dégradation explique la baisse de performance en compréhension de textes. (...) En 2007, les collèges en zone d’éducation prioritaire comptent environ deux fois plus de lecteurs en difficulté que les autres collèges. Ces collèges sont particulièrement affectés par l’augmentation du pourcentage d’élèves en difficulté, qui passe de 20,9% en 1997 à 31,3% en 2007."  

    Plus alarmant, ..." parmi les élèves du secteur de l’éducation prioritaire, la baisse de performance touche également les mécanismes de base de la lecture, ce qui interroge le risque d’un accroissement des inégalités sociales. (...) 

    Au final, la dégradation du niveau de performance face à l'écrit concerne plus particulièrement les élèves les plus en difficulté ciblés par les deux enquêtes « Lire, écrire, compter » et « Difficulté de lecture en début de sixième », tandis que le niveau des élèves situés autour de la médiane n'a quant à lui, pas évolué." 

     

    Je me permets de rajouter à ce constat alarmant, une particularité typiquement française qui devrait interroger tous les pédagogues: le nombre de "non-réponses" augmenterait dans les différents tests, ceci expliquant partiellement cela !!  

     

    "Qui peut affirmer que le passage à la semaine de 4 jours a amélioré les choses ?" 

    L'auteur conclut en renvoyant les enseignants et leur encadrement à leur part de responsabilité collective: " Si l'on ne trouve pas les moyens de faire travailler plus efficacement les élèves, le déclin est inéluctable. Le projet de Vincent Peillon donne opportunément la priorité au primaire, mais aucun ministre n'a de prise directe sur ce qui se fait dans les classes. C'est aux professeurs des écoles et à leurs inspecteurs qu'il revient d'y réfléchir collectivement. Et le temps presse : nous avons un vrai problème de pédagogie qui ne se résoudra pas en un jour."  

     

    Certes, certes, mais je voudrais juste ici rappeler quelques banalités ... l'importance de la formation initiale et continue (didactique, pédagogique, psychologique, philosophique, ...), le cadre contraint des textes officiels qui organisent et déterminent les pratiques, les conditions structurelles sur lesquels l'enseignant de base n'a que peu de marges de manoeuvre ...  

     

    Ces baisses de performance ne sont pas de la seule responsabilité de l'école et de ses pratiques pédagogiques! C'est un lieu commun, mais enfin il est important de le rappeler! Les enseignants subissent de plein fouets des évolutions auxquelles ils peinent à s'adapter et dont certaines ont un impact direct sur la mesure des performances : moins d'école et plus de disciplines à enseigner, refus grandissant des familles des orientations en clis ou en Segpa, absentéisme ou fréquentation irrégulière en maternelle et parfois même plus tard, problèmes langagiers, déficit culturel, manque d'expériences, consumérisme, ...  

     

    Mais pas de fatalisme.. Sans doute , choquerai-je les adorateurs du passé et contempteurs de la modernité (ce sont souvent les mêmes!) en formulant l'hypothèse que notre école , dans ce contexte mouvant, n'a pas tellement changé en un siècle: un maître seul face à ses élèves, craies et tableau noir dans une dominante transmissive!  

     

    L'école n'a pas d'autres choix que d'essayer de faire face, de chercher à proposer des réponses aux évolutions de notre société. Les enseignants peuvent-ils faire l'économie d'une analyse des pratiques , celles qui conduisent peut-être des élèves à préférer ne pas répondre... 

     

    Mais je refuse d'endosser seul (ce n'est pas le propos de l'auteur) , certes avec mon IEN mais ça ne me console guère - la responsabilité de l'évolution des performances des élèves français. 

    Il est légitime d'appeler les enseignants à se questionner (ils sont payés pour ça) , mais tout aussi légitime d'appeler à créer les conditions d'une responsabilté partagée. 

     

    Ceci étant dit, il est assez "amusant" de constater que des enquêtes très sérieuses ne font que valider ce que nous préssentions depuis plusieurs années: elles confortent les initiatives locales prises pour renforcer ce que j'appelle des compétences leviers, et rappellent que les enseignants de base ont aussi une analyse objective des besoins qui mérite d'être entendue ...  

    Il était temps de passer du contrôle des personnes et des équipes à leur ... accompagnement! Réfléchissons ensemble, nous avons à apprendre les uns des autres ! 

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 21 Avril 2013 à 17:12

    "Il était temps de passer du contrôle des personnes et des équipes à leur ... accompagnement!" Je fais le même rêve ...

    Merci pour ce billet dont je partage totalement l'analyse... Le voilà retwitté !

     

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