• Le temps de prendre le temps

    Hier, j'ai fait une journée de 14 heures de travail ! Non stop, sandwich mangé en vitesse à midi, au milieu de mes collègues.

    Sentiment d'écrasement, partagé par l'ensemble de mes collègues. Ici, et ailleurs. C'est pas nouveau, mais ça n'a pas changé ! 

    14 heures, sans pause repas, il me semble bien que la législation du travail ne l'autorise pas !

    14 heures à courir, d'une tâche une autre, d'une demande à une autre, d'une urgence à une autre, d'une exigence à une autre...

    14 heures, certains diront que je ne sais pas m'organiser ! Que neni, je suis hyper organisé, je travaille vite, je maîtrise l'outil informatique, je connais plutôt bien les ficelles du métier et de la direction (ai fait de la formation des directeurs) , j'ai des réseaux et peux obtenir rapidement les informations, ...

    14 heures, parce que je ne peux plus faire ce travail à moitié, parce que j'essaie de faire ce qui doit être fait, non pas par respect institutionnel, mais par conscience des difficultés auxquelles il faut trouver des réponses, ...

    14 heures, parce que j'ai conscience de ce qu'il y a à faire, et qu'il vaudrait mieux ne pas en avoir conscience...

    14 heures parce que je n'ai qu'une journée de décharge dans une école où il en faudrait beaucoup plus...

    14 heures parce que je n'ai pas le temps d'organiser la délégation et que , de toute façon, mes jeunes collègues sont aussi jeunes mamans et qu'elles sont elles-mêmes surbookées, ...

    14 heures, parce que la tâche est immense,

    14 heures, parce que l'école est tout en bas d'une chaîne hiérarchique où aboutissent toutes les exigences, ...

    14 heures, ce jeudi et 12 heures presque tous les jours , mercredi compris !

    14 heures, et 120 euros mensuels pour des horaires démentiels...

    et encore, 120 euros, je n'en suis même pas sûr, car ce n'est pas d'argent dont je rêve, c'est de temps !

    14 heures, d'un temps partagé entre la classe et la direction, avec le sentiment de ne faire bien ni l'une ni l'autre , tous les directeurs vous le diront, c'est ça qui donne ce sentiment d'insatisfaction... 

    14 heures, parce que je ne prends aucune décision dans la solitude de mon bureau, et parce que je rêve d'une équipe unie par un projet partagé,...

    Mesdames et Messieurs , vous voulez, je veux, nous voulons  ... refonder l'école, nous voulons une école bienveillante et exigeante, nous voulons réduire les écarts entre les écoles RRS et les autres, ... alors il faut donner les moyens aux enseignants de ne pas s'épuiser au travail, parce que l'enseignant, lui aussi est au coeur du système !

    Mesdames et Messieurs, je ne suis pas syndicalistes... je suis juste attaché à la qualité de mon travail, c'est ce qui m'a porté toute ma carrière, et il me faut du temps, une mission clairement établie, un cadre contenant et conteneur !

    Mesdames et Messieurs,

    il faut remettre de la légèreté dans nos écoles, du plaisir et de la joie de vivre,

    il faut avoir le temps de s'émerveiller des découvertes de nos élèves,

    avoir le temps de prendre le temps...

     

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  • Commentaires

    1
    Directeur_2
    Lundi 21 Octobre 2013 à 11:35

    "Hier" uniquement ? Si cela pour vous être une consolation, cher collègue, pour mon propre (très) petit cas, c'est mon lot quotidien ; je précise : 12 classes,enseignant en C. M. 2 ( 26 élèves) demi-décharge...et malgré cela, voilà le calcul....

    Courage, bien évidemment !

    2
    Lundi 21 Octobre 2013 à 11:55

    ET ? Je sais partager cet état de fait avec beaucoup d'autres. Mon "combat" n'est pas auto-centré ! il est juste "exemplaire" de ce que nous vivons les uns et les autres. Pour que cela change !

    3
    Mardi 22 Octobre 2013 à 07:51

    "il faut remettre de la légèreté dans nos écoles, du plaisir et de la joie de vivre..."

    On en est bien loin malheureusement et le plus triste c'est qu'on part dans la direction opposée. Il y a vraiment une sale ambiance dans les écoles cette année.  Je connais une directrice qui, au terme du premier conseil d'école, était au bord des larmes, le conseil c'était très bien passée, elle était simplement écrasée par la charge de travail et de responsabilités (sur lesquels les directeur n'ont aucune prise).

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