• Maître, y triche !

    Je suis maître spécialisé (depuis peu et pour peu de temps), et m'occupe d'élèves en très grande difficulté. Je m'intéresse en particulier aux processus singuliers de construction des savoirs, ...

    Confronté souvent à des élèves qui ne mettent pas en oeuvre leur pensée au service de la réalisation des tâches scolaires, j'essaie fréquemment de mettre mes élèves en interactions...

    Le but ?

    S'enrichir mutuellement, avec l'aide du maître,  de procédures dont certains ne connaissent même pas l'existence. Faire l'expérience de la réussite pour renouer avec le plaisir de l'effort !

    Il arrive que l'on réussisse mieux tout seul quand on est plusieurs!

    Maître, y triche !He bien figurez-vous que je me heurte au départ, toujours aux mêmes obstacles !

    Quand je mets volontairement des élèves de CP sur des tâches de transcription, côte à côte et en leur disant qu'ils peuvent s'aider si l'un d'entre eux ne sait pas , j'obtiens invariablement des ...

    "Maître , y copie!" ou "Maître, y triche!"

    Et mes élèves de cacher dans leurs bras des productions pourtant coûteuses en dépense d'énergie et en déceptions quand l'obstacle est trop grand.

    Alors ?

    Alors je vous fais partager 2 réflexions d'un dimanche matin pluvieux !

    1/ Notre école met en concurrence très tôt, et on se prive de tout ce que les élèves pourraient s'apporter mutuellement ! Sans compter ce que ces fonctionnements produisent en termes d'échecs, de ressentis, de relations ...

    2/ Les fonctionnements "individualistes voire compétitifs" sont tellement ancrés, qu'il ne suffit pas de dire à des élèves qu'ils peuvent s'aider, coopérer ! Encore faut-il concevoir la tâche pour que la coopération devienne incontournable!

    Pour cela, il faut bien faire la distinction entre les situations d'évaluation et les situations de construction, dont l'entraînement fait partie. Toutes ces phases de construction permettent l'entraide, la coopération, ... (pas de façon systématique, on va aussi essayer seul, mais au final, si on n'y arrive pas, on pourra solliciter de l'aide!)

    Les séances proposent des déroulés souvent uniformes, une succession de transmission associant plus ou moins les élèves selon les modèles, suivis immédiatement d'exercices de contrôle, visant à mesurer prématurément si chacun a compris...

    Seules les phases d'évaluations doivent être exclusivement individuelles... Pour le reste, tous les fonctionnements sont possibles.

    Et si on développait la solidarité, la coopération entre les élèves, la "conscientisation" de ce qu'il y a à apprendre, de ce que l'on sait faire ou non, seul ou avec l'autre !

    Faire de l'apprentissage un enjeu et un plaisir partagé!

    Et il vaut mieux réussir à plusieurs qu'échouer sempiternellement seul !

    Il est assez curieux de voir perdurer des modèles individualistes quand notre société a tant besoin de fraternité, et nos entreprises d'équipes efficaces ! 

    Et si on mettait un peu de coopération dans nos classes?

    « Petit Zizou a bien le droit !Un phénomène nouveau »

  • Commentaires

    1
    ptiprince
    Dimanche 9 Février 2014 à 09:14
    Voila qui me fait penser aux pédagogies coopératives. Je suis en pleine lecture en ce moment et c'est un esprit que j'essaie de développer chez mes élèves. Mais c'est une posture nouvelle pour eux.Eux qui sont habitués à être individualistes dans le travail et qui ont surtout l'habitude (mauvaise certes) d'être mis en compétition aussi bien par l'école que par les parents qui mettent leurs enfants en compétition avec eux même. Apprendre n'est pas gagner une compétition mais c'est progresser à son propre rythme sans forcément se comparer avec l'autre.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :