• Nos élèves sont-ils des mutants ?

    Nos élèves sont des mutantsIl est devenu de plus en plus difficile de capter l'attention de certains de nos chers bambins, même , parfois, dans une relation duelle !

    instabilité posturale, difficulté à entrer en relation, à écouter l'autre, à retraduire un propos, à se concentrer sur une histoire, à exprimer et supporter une émotion… Il est parfois même difficile de rencontrer le regard de ces enfants déconnectés ! Ils sont de plus en plus nombreux!

    C'est devenu un lieu commun, mais dois-je le dire…. je trouve que le phénomène s'amplifie depuis 4 ou 5 ans !

    "L'âge! C'est l'âge!" me direz-vous . Mais oui, cher nouvel  twit'ami lecteur , il faut vous y faire, je vous entends penser d'ici !

    Hé ben , détrompez-vous, ce n'est pas une question d'âge! Juste la conclusion des mes observations.

    Pas un jour sans qu'une de mes collègues n'évoque le problème ! Et elles sont très jeunes!

    Mais alors, si le constat est partagé, si beaucoup d'enseignants s'en plaignent , qu'est-ce qui peut expliquer le phénomène ?

    "La crise économique!"  of course !

    Mais non, cette crise n'est pas la première, elle rajoute certes de la difficulté, mais ne peut à elle seule expliquer l'inattention ! Tous les enfants inattentifs ne sont pas nécessairement insécures !

    J'ai appris, en lisant Dehaene, que not' cerveau était fort plastique, et que ses  zones  que j'arrive pas à mémoriser pouvaient se développer toute notre vie, à condition de les solliciter!

    À bord des taxis londoniens , pas de GPS ! Les chauffeurs connaissent les 2500 rues de Londres  par coeur,  et préfèrent compter sur leur mémoire plutôt que sur la technologie ! Une étude très sérieuse, comparant le cerveau des chauffeurs de taxis aux chauffeurs de bus, a démontré que l'hippocampe, zone responsable de la mémoire spatiale,  était plus développée chez les premiers que chez les seconds. 

    Mais, il y a une contrepartie: les chauffeurs de taxis sont beaucoup moins performants que les chauffeurs de bus, quand il s'agit d'acquérir des informations visu-spatiales nouvelles. Un chauffeur de bus qui cesserait de travailler verrait son hippocampe rétrécir !

    Vous vous demandez, chers lecteurs, arrivés à ce stade du propos,  si je m'suis pas perdu dans les rues de Londres...

    Que neni ! Les taxis londoniens m'amènent à faire une hypothèse !

    Et si nos enfants, sous l'effet de conditions environnementales nouvelles, étaient "mutants"

     À force de tête à tête autistique avec des tablettes dépourvues d'altérité, nos enfants  développeraient moins l'attention à l'autre, la communication, l'écoute, voire les émotions….

    Mais rassurez-vous, la plasticité du cerveau, pousse à l'optimisme: le phénomène, (s'il existe réellement) ne serait pas  irréversible !

    Inquiétant tout de même, non ? Surtout au moment où on s'apprête à faire entrer le numérique à l'école , avec le risque de renforcer le phénomène!

    Ce qui pourra (pourrait) se  jouer à l'école, compensera difficilement les pratiques familiales dans ce domaine ! Mais avons-nous le choix ?

    Une formation, vite !

     

     

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  • Commentaires

    1
    Elsa
    Dimanche 19 Janvier 2014 à 10:33

    Merci pour cet article un peu effrayant, mais affreusement juste!

    Dans mon école on a fait le choix en AP de mettre en place des ateliers philo pour permettre à nos élèves de se parler.

    S'écouter et se répondre, c'est un grand chantier mais on espère ainsi revenir à des interactions et surtout à des échanges permettant une construction....

    À suivre!

    2
    Dimanche 19 Janvier 2014 à 11:08

    La réponse scolaire doit sans doute aller dans ce sens: d'une école passive, vers une école active ! La philo, un travail sur l'empathie, autant de supports allant dans le bon sens .

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