• Note ou pas note ?

     

    "Sois sage, dit maman, écoute bien le maître!"

    Note ou pas note ?

    Certains de nos élèves en grande difficulté donnent à voir l'image du "bon élève": assis dos bien droit, regard posé sur le maître, cahier perlé, appétit pour les exercices à trous qui rassurent ....

    C'est leur représentation du bon élève! Il s'agit d'éviter à tout prix ce qui fait mal, la confrontation à la difficulté ou à l'échec trop fréquent.

    Recopier, remplir des trous, faire du remplissage,...  autant de stratégies d'évitement conscientes ou inconscientes.

    Bon, il y a aussi ceux qui se réfugient dans le chahut, l'instabilité... et ceux-ci dérangent davantage. Si on n'y prend garde, les premiers se font oublier.

     

    Quel rapport avec l'évaluation? me direz-vous.

     

    Le métier d'élève ! vous-dis-je!

     

    Je ne reviens pas sur le rôle du langage dans la structuration de la pensée: il fait souvent défaut à nos élèves en difficulté. C'est sans doute une banalité, c'est pourtant un obstacle essentiel auquel se heurte l'école. Tout le monde en convient, mais je vois peu d'avancées dans ce domaine... Il faut dire que le langage doit s'appuyer sur l'expérience, et l'expérience a perdu du terrain dans une école obnubilée par le "travail", et celà dès le plus jeune âge ! 

     

    Mais, revenons à nos moutons, l'évaluation, les notes, les item, les....

     

    Apprendre nécessite la mobilisation de la pensée, le déclenchement d'une activité intellectuelle, le développement du projet d'apprendre...

    Pour s'engager de façon dynamique dans les apprentissages, il faut avoir une idée du fonctionnement de l'objet d'apprentissage (Fijalkow, Downing) , avoir une représentation des bénéfices qu'on peut en tirer, il faut avoir connaissance de ce qu'il y a à apprendre, de ce que l'on sait déjà et de ce qu'on ne sait pas encore...

    Je ne vais pas plus loin, vous le savez, c'est là qu'intervient l'évaluation voire l'auto-évaluation organisée par le maître, le passage de l'implicite à l'explicite..

     

    Note ou pas note ?Alors note ou pas note?

     

    Tout individu a besoin de connaître le résultat de son action , tout élève a besoin de faire l'expérience de la réussite pour oser agir, de constater que ses efforts sont payants pour s'engager durablement dans le travail ....

     

     

    La note peut fort bien se justifier dans ce contexte, dès lors qu'elle traduit des critères de réussite identifiés par tout le monde.

    Le noeud du problème est ailleurs, non pas dans la forme mais dans ce que l'évaluation renvoie à l'enfant comme image valorisante ou dévalorisante... dans la construction ou la destruction de l'estime de soi.

     

    Alors?

     

    Alors, n'oublions pas d'associer l'élève et sa famille à la mesure des progrès et à la prise de conscience de ce qu'il reste à apprendre.

    Cette polémique masque les problèmes essentiels. L'école doit permettre à tous de faire l'expérience de la réussite !

    Et si on mesurait les progrès ?

     

    Mais au fait, travail et apprentissage... C'est la même chose ?

    À demain peut-être, pour une nouvelle banalité du matin...

    « Banalité du matin...Parabole du skieur »

  • Commentaires

    1
    souris7
    Vendredi 16 Août 2013 à 12:52

    Très instructif, mais on "obnubiler" et non "obnibuler"...

    2
    Mercredi 28 Août 2013 à 06:12

    Bravo pour cette lecture attentive ! 

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