• Premier deuil

     Premier deuil

     "On peut changer les familles…"

    Je me souviens à ce sujet, d'une anecdote éclairante...

    8h20, Grande section de Maternelle, la maîtresse accueille parents et enfants d'un mot aimable, personnalisé...

    Hari, derrière sa maîtresse, s'amuse à répéter sans cesse, sur un ton "moqueur",  tout ce que sa maîtresse dit.

    La maîtresse, revêt alors son costume d'éducatrice,  explique que c'est impoli,  que ça ressemble fort à de l'insolence et qu'il doit par conséquent cesser immédiatement !

    La tante de l'enfant s'invite aussitôt dans l'échange, et reprend sèchement la maîtresse: "Mais non , madame, ce n'est pas de l'insolence, il ne fait que répéter ce que vous dites!"

    Premier deuilAujourd'hui, Hari a 8 ans, il est au CE1... pose de sérieux problèmes éducatifs, et   rencontre, en corrélation , de grosses difficultés d'apprentissage.

    Il vient de faire le signe "ferme la!" à sa maîtresse qui venait lui demander de se mettre au travail !

    Alors faute de solutions, on le gronde sèchement, on le punit, on l'exclut, on s'enferme dans une spirale infernale … On va tout doucement vers des troubles du comportement.

    Hari ne comprend pas à quel point son comportement est répréhensible, il n'a pas conscience que ça ne se fait pas, tant il s'inscrit dans une autre norme, celle de sa famille!

    La punition isolée ne règle rien, la seule application de la règle pas davantage ! Tous ces élèves connaissent parfaitement le règlement scolaire!

    C'est sur l'esprit de la règle, sur la question de l'égale dignité qu'il faut travailler, sur sa relation aux autres et à la règle…  ! Et bien sûr, la sanction en fait partie!

    Bref, prendre l'enfant tel qu'il est, pour faire un travail d'éducation, et ne pas attendre de la famille ce qu'elle n'est pas en mesure de faire !

    Hari n'est pas le seul, il y a de plus en plus d'Haris en puissance… Un pédopsychiatre de ma connaissance  disait il y a quelques années : "Je ne voudrais être à votre place (enseignants) et avoir les enfants de ces enfants là !"

    Face à ce nouveau phénomène qui se répand dans nos sociétés - de plus en plus de restaurateurs norvégiens interdisent leur établissement aux enfants  tant ils sont devenus infernaux- il y a 2 solutions :

    > ou nous nous enfermons dans la déploration , en évoquant le bon vieux temps et en attendant que les familles changent de modèles éducatifs… 

    > ou nous prenons le problème à bras le corps, et c'est en équipe que nous trouverons des solutions, avec les conseils de personnels spécialisés dans ces questions.

    Et là, force est de constater que les maîtres G, rééducateurs , sont … indispensables !

    Mais ils ont disparu !

     

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  • Commentaires

    1
    IB
    Dimanche 30 Mars 2014 à 08:23
    Assez d'accord avec le constat. Ajoutons à la disparition des maîtres G l'apparition et la multiplication des AVS, initialement mis en place pour aider à la scolarisation et à l'autonomisation d'enfants relevant d'un handicap physique, sensoriel ou cognitif.
    Les demandes d'accompagnement explosent actuellement et les MDPH (maisons départementales du handicap) croulent sous les dossiers d'enfants que l'école ordinaire dit ne plus pouvoir accueillir.
    Le cercle vicieux du rejet et de l'exclusion a pris le relais, accroché à la fausse bonne idée de "l'aide supplémentaire" qui s'avère dans beaucoup trop de situations complètement inadaptée. Les personnes recrutées sur des contrats aidés n'ont aucune formation, aucune information non plus souvent et sont invitées à remplir une mission que les professionnels jugent impossibles de leur place, sans autre piste que leur bon sens pour réussir... Bon sens qui trouve une application pratique dans ce que vous décrivez en termes de punition, de sanction, de répétition et d'enfermement dans un type de comportement qui ne laisse aucune place au changement.
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