• Tout est bien compliqué

    Tout est bien compliqué

     

    Il arrive un moment dans une carrière où il faut s'méfier des ressentis. 

    Sont-ils un effet de l'ancienneté, de l'âge (qui va avec) ou traduisent-ils une réalité objective ?

    Mais chers et rares tweet'amis, je trouve que not' école devient bien compliquée!

    À vouloir tout maîtriser, on se perd dans des multitudes de projets et d'objectifs , pensés par des didacticiens académiques loin de la réalité des enseignants polyvalents que sont les P.E.

    5h à préparer par jour, dans toutes les disciplines, avec des multiples niveaux que la suppression des maintiens va généraliser.

    Ainsi nous devrions enseigner chacune des nombreuses disciplines comme les enseignants mono-formés du secondaire devraient le faire !

    Textes ambitieux, objectifs de formation dignes de spécialistes... dans toutes les disciplines!

    Alors ça devient si compliqué, si inaccessible qu'on hésite parfois à faire: musique, arts visuels, EPS, Géographie, ...

    J'me souviens d'une école plus simple, où l'on n'hésitait pas à faire de la peinture, où le manuel de grammaire choisi pour la totalité du parcours élémentaire libérait du temps de conception et  laissait du temps aux enseignants et aux équipes pour penser des projets en prise direct avec les intérêts enfantins: élevages pour travailler sur la reproduction, sortie environnement, fabrication de maquettes du quartier pour se représenter l'espace en faisant de la géométrie, écriture et montage d'une pièce de théâtre, danse avec une compagnie en répétition à la scène nationale de Belfort, ...

    Dans une volonté illusoire de maîtrise , ne risque-t-on pas de perdre les rires et émerveillements  enfantins ? 

    Bien sûr, il faut tenir compte des erreurs du passé et penser la nécessité absolue de structuration des apprentissages, chercher à rendre explicite ce qui est enseigné, ... quelque soit le modèle de référence! 

    La complexité grandissante peine à produire les résultats attendus ! 

    Avoir un haut niveau d'exigence dans quelques domaines, accepter d'être moins ambitieux dans d'autres pour tenir compte de la réalité de la polyvalence. Laisser aux équipes le soin de choisir ces priorités, sans délaisser le reste!

    Le rôle des Conseillers pédagogiques spécialisés (EPS, musique, arts, TICE, ...) ne devrait-il pas consister à rendre ces enseignements ... simples, accessibles au plus grand nombre ! La spécialisation de certains d'entre-nous ne pousse-t-elle pas à la surenchère  ?

    Je sais, je sais....

    J'vous entends d'ici m'opposer les arguments habituels: apprendre n'est pas une partie de plaisir! Il faut accepter l'effort ! Mais qui vous dit le contraire ?

    Plaisir et effort,  découverte et entraînement, recherche et structuration, construction et réception ne sont pas des mots antinomiques !

     

     

     

     

     

    « J'me disais ...Lecture... et pensée globale »

  • Commentaires

    1
    Samedi 24 Octobre 2015 à 09:11

    Point de vue totalement partagé !

    twitter ne laisse pas assez la place de s'exprimer ;)

    Plutôt que les "spécialistes" de tous bords nous assomment d'injonctions didactiques de "spécialistes", redonnons clarté aux enseignements et par la-même, nous libérons du temps pour les enseignants et nous leur redonnerons envie de faire !

    Je trouve insupportable les discours de certains de mes collègues sur les arts, l'EPS, etc...qu'il faudrait enseigner comme un expert...c'est ridicule et cela met une pression sur les collègues.

    Les enseignants se sentent obligés par moult injonctions de tout créer eux-mêmes, ou de prendre sur internet des outils "beaux et propres" dont , faute de temps, ils ne discutent alors même plus la qualité. Il faut réapprendre aux enseignants à choisir un outil (1...pas 50), à le comprendre et à l'appliquer efficacement (halte aux guides du maître de 300 pages, ...qui a le temps de lire/comprendre 3 pages pour préparer une séance de 45 min ? ).

    Un homme brillant m'a dit un jour que tout changement réel ne pouvait venir que de la base...La majorité des enseignants ont conscience de tout cela. Il leur manque une aide, un intermédiaire pour oser et changer.

    Je crois les conseillers pédagogiques les plus à mêmes de jouer ce rôle...encore faut il qu'ils en aient tous conscience et envie !

    2
    pierrre
    Samedi 24 Octobre 2015 à 17:03

    ça fait du bien de lire ces mots!

     

     

     

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :