• Un cadeau empoisonné

    La modification des rythmes scolaires s'accompagne d'un temps supplémentaire de concertation pour les enseignants du premier degré qui disposent désormais de 67 heures de service dédiées à la concertation, soient 1h48 par semaine en moyenne.

    Temps absolument nécessaires quand on sait la complexité du système, quand on connaît la réalité d'une école d'aujourd'hui, directement impactée par les difficultés sociales et éducatives dans certains secteurs, et sans doute un peu partout!

    Temps nécessaire pour que le groupe mette cohérence et suivi au service des élèves... 

    Formidable!

    L'équipe dispose de toute liberté pour organiser ces temps, en fonction des projets de chaque établissement.

    Mais une liberté absolue donnée aux écoles pour gérer ces temps est-elle un cadeau empoisonné ?

    Si on prend en compte les contraintes propres à l'école (temps d'APC, participation des enseignants aux temps périscolaires, conséquences des bas salaires ) , les contraintes individuelles d'un personnel essentiellement féminin, jeune et souvent mères de familles ... il devient extrêmement difficile de trouver des temps de disponibilités partagés.

    Si on ajoute à cela les conséquences indirectes de la réforme sur ces jeunes mères de familles qui donnent déjà beaucoup d'elles-mêmes dans des secteurs difficiles et qui sont parfois, elles aussi, isolées (baisse de salaire lié aux heures de gardes et aux déplacements supplémentaires), on peut comprendre un sentiment d'injustice qui ne pousse ni à l'enthousiasme ni à la souplesse voulue par la réforme.

    Bref, ces temps de concertation ne devraient-ils pas être institutionnalisés, au moins en partie, et devenir un temps de présence lissé dans l'établissement.

    Faire une réunion pour organiser les réunions, c'est du temps perdu et ça peut vite devenir une source de tensions dans un groupe !

    C'est le directeur qui devra néanmoins conduire à trouver des solutions quand le  consensus sera impossible à trouver: il sera amené, dans bien des cas, à répartir équitablement les mécontentements entre les membres de son équipe: une fois le lundi, une autre fois le mardi, à midi, le soir, à 16h , à 17h, ...

    Bon il y aura toujours quelqu'un de mécontent ! L'équipe sera-t-elle assez forte pour se construire malgré tout? C'est en tous les cas un obstacle de plus !

    Cette liberté serait-elle un cadeau empoisonné ?

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