• Un cadre collectif négocié

     

    "Quand chacun fait ce qui lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît à d'autres"

    Rousseau

    Mais de quoi parlons-nous ?

    Le cadre collectifJe trouve toujours intéressant de revenir au sens originel,   à l'évolution des mots et de leurs usages pour comprendre les choses,!

    Cadre: du latin "quadrum" , carré ! 

    «  Tour, bordure en bois ou en métal, d'une glace ou d’un tableau. » (Larousse)

    Par extension:

    - environnement, 

    - châssis fixe formé par des pièces de bois assemblées à angles droits (menuiserie > portes ou fenêtres),

    - assemblage de tubes et de tiges donnant sa rigidité au vélo,

    - assemblage qui composent une charpente, une structure solide (cadre d'un piano),

    - Plan ou agencement des parties d'un ouvrage, de la pensée,

    - synonyme de conteneur (un navire porte-cadres)

    Tiens, je dis souvent que le cadre est contenant et conteneur  , un peu comme cette dernière extension ! J'y reviendrai ! 

    Revenons à notre bordure en bois...

    Il a un rôle de protection, il sert à maintenir la gravure et donc à empêcher sa déformation, à protéger ses angles, ...

    Il a un rôle utilitaire, il sert à accrocher au mur, à poser sur un meuble,...

    Il a un rôle de mise en valeur de l'oeuvre; choisi pour sa matière, lourd ou léger , il valorise ou éteint ...

    Mais il faut l'entretenir pour lui conserver ses attributs: l'épousseter régulièrement, le cirer, le...

    Notre cadre professionnel a les mêmes fonctions :  

    - protecteur, il donne un sentiment de sécurité.

    - utilitaire , il nous permet de faire fonctionner la machine (efficacité).

    - valorisant , il contribue à l'image donnée de notre école. 

    Comme notre "quadrum", il faudra le faire vivre, l'entretenir, pour lui garantir son existence! Un cadre collectif a besoin de régulations.

    Comme le cadre de bois qui ne doit être ni trop léger au risque de fragiliser l'ensemble, ni trop lourd au risque de prendre plus de place que la gravure elle-même, notre cadre professionnel doit être ajusté aux besoins de l'équipe, devenir progressivement consensuel jusqu'à ne plus ressentir le besoin d'en parler!

    Il institue les limites, les règles que le groupe se fixe pour mieux travailler, mieux vivre ensemble. Le groupe se choisit, par négociation et ajustements progressifs, sur la base des valeurs partagées, un mode de fonctionnement qui touche à toutes les dimensions du collectif, du trivial au supérieur... Cela va de l'organisation des obligations de service (réunions, surveillance,...)  au nettoyage du frigo de la salle des maîtres, en passant par le pilotage des actions du projets d'école ou par le choix d'objectifs prioritaires limitant inévitablement les libertés individuelles.

    Si le groupe de professionnels a tout intérêt à commencer par se réunir pour fixer "explicitement" les grandes lignes de son cadre de travail - occasion pour le directeur d'expliciter le paradigme qu'il s'est choisi pour sa direction - un cadre se construit progressivement, très souvent dans une recherche d'efficacité, parfois en réaction à des évènements , sur la demande des uns ou des autres, dans une volonté de dépasser un inconfort personnel, un sentiment d'injustice ou d'iniquité, la toute puissance de l'un, la légèreté d'un autre, ...

    Effet d'accumulation ! C'est un risque en tout cas! 

    Il serait bien étonnant que dans un groupe important , il n'y ait pas quelques résistances au cadre collectif, justifiées ou non! Plus il est explicite, et plus il peut déranger, car il met en lumière les dysfonctionnements personnels ou les petits arrangement entre-amis qui sont à valoriser, sauf quand ils reposent sur des ressorts  dangereux à long terme pour le groupe: la prise de pouvoir par la puissance de la parole, la séduction,  ... bref sur des bases non professionnelles mais tellement humaines! N'en faisons-nous pas tous usage, consciemment ou inconsciemment ? Le cadre collectif vient alors s'opposer au pouvoir d'un seul:  la nature comble toujours les vides, et la faiblesse ou l'absence d'un cadre profite souvent à quelqu'un !

    Les règles s'ajoutant les unes aux autres, le cadre peut cependant devenir trop présent ou trop contraignant , et finalement en contradiction avec l'une de ses fonctions essentielles :  la sécurité et le bien-être au travail !

    Lourdeur réelle ou supposée, mais ressentie! Il faut accueillir la parole sur cette question aussi, pour dépasser les ressentis,  s'engager dans l'analyse et transformer, adapter si nécessaire! Un cadre n'est jamais définitivement posé !

    Je vous propose donc dans l'article suivant, un outil bricolé d'analyse du cadre!

     

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