• Un phénomène nouveau

    L'école est impuissante face à un phénomène nouveau.

    Je me souviens d'un ami pédopsychiatre qui me disait il y a quelques années...

    "Quand les enfants de ces enfants non cadrés arriveront à l'école, alors vous aurez à gérer un problème inédit !

    Savez-vous que les consultations chez le pédopsychiatre ont été multipliées par 2 en 5 ans , et par 4 dans certains secteurs , pendant que les capacités de prises en charge diminuaient ?

    Le pédopsy intervient dans de nombreux problèmes : hyperactivité, troubles du langage, troubles obsessionnels compulsifs, autisme, dépression,  troubles du comportement, ...

    Mais ce qui pose problème à l'école depuis une dizaine d'années … c'est la multiplication de ces enfants qui glissent progressivement de problèmes comportementaux vers des troubles du comportement.

    Année du CE2, fin de période de latence, explosion comportementale,  situation qui ne cesse de se dégrader quand aucun soin n'est engagé !

    Dans l'apparition d'un trouble, il est difficile de lier une cause à un effet, et on constate souvent plusieurs facteurs en jeu parmi lesquels le manque de cadrage éducatif, l'incapacité à supporter la frustration, des enfants rois, des dysfonctionnements familiaux, des maltraitances , un manque affectif, un univers violent, ...

    Ces enfants en souffrance attirent la compassion, mais vont jusqu'à rendre la conduite de classe impossible!

    Un phénomène nouveau De crises violentes en crises violentes qui semblent être seules en mesure d'apporter un soulagement recherché, ils empêchent la classe et la maîtresse de fonctionner… à des degrés divers selon les cas!

    Mais cela peut aller très loin !

    Souffrances de l'enfant, besoin de soins qui tardent à se mettre en place, ...

    Souffrances de l'enseignant, dans son corps et dans son âme: il peut recevoir coups et insultes, il voit son autorité et son savoir faire remis en cause, il culpabilise de ne pouvoir faire classe, est partagé entre compassion et sentiments plus négatifs, entre inquiétudes pour l'enfant et pour sa classe...

    Perturbation des autres élèves qui sont régulièrement confrontés  au dépassement de l'interdit, tentations d'imitation pour les plus fragiles, efforts pour se re-concentrer après ces crises qui perturbent tant les adultes, ...

    Impuissance de l'école , parce qu'elle se situe au début du processus, et que de l'apparition de problèmes comportementaux au diagnostic des troubles du comportement  il faut quelques années...

    Si la loi de 2005 impose à l'école la scolarisation brutale, non anticipée, d'un enfant handicapé , elle prévoit un processus lent et reposant entièrement sur la volonté des parents pour engager les soins nécessaires d'un enfant qui est déjà dans l'école.

    Il n'est pas toujours facile d'accompagner le cheminement ressenti douloureusement par la famille vers l'acceptation de la réalité du trouble: cela prend parfois du temps, il y a parfois déni et conflit avec l'école, refus de se tourner vers la MDPH, ...

    Aucun recours possible de l'école, si ce n'est au final, constat d'échec, une information préoccupante … Mais dont le traitement lui aussi sera long et bien incertain!

    Et quand enfin la saisine MDPH est faite, le manque de moyens  (ITEP, CPI) renvoie aux calendes grecques le début des prises en charge...

    Ces enfants nous dépassent, ils sont sur un champ thérapeutiques...

    En attendant, ces enfants qui nous mettent à mal, leurs camarades  et leurs maîtres sont toujours en souffrance, et l'école, de protocole de crise en protocole de crise, est bien impuissante !

    Et PISA dans tout ça ? Hein? Quoi ? Vous avez dit PISA ?

     

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